Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz lors de l’évacuation du camp en janvier 1945. Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.
Abram Lubelski naît le 20 décembre 1893 à Baronowicze (Pologne).
En 1936 et jusqu’au moment de son arrestation, Abram Lubelski est domicilié au lieu-dit – ou quartier – Maison Rouge à Ouilly-le-Vicomte (Calvados – 14), où il vit seul avec son épouse, Sura, née en 1895 en Pologne ; très probablement Sarah, née Baurer le 14 juillet 1895 à Krasoniek, naturalisée française (en même temps que son mari ?). Selon une source restant à préciser, Abram Lubelski est ingénieur. Mais des indications fournies par le maire de la commune (quand ?) indiquent que celui-ci tient un « petit commerce ambulant de vêtements et de chapeaux » ; c’est effectivement la profession enregistrée lors du recensement de 1936 (« marchand ambulant »).
Le 1er mai 1942, Abram Lubelski est arrêté par la police française à Ouilly, inscrit comme Juif (orthographié Abraham Ludolski et désigné comme « forain ») sur une liste d’arrestations demandées par la Feldkommandantur 723 de Caen à la suite du déraillement de Moult-Argences (Airan) [1]. Il est certainement parmi les détenus qui sont passés par le “petit lycée” de Caen avant d’être transférés au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ).
La caserne de Royallieu en 1957 ; au deuxième plan, les six grands bâtiments alignés du quartier C, qui semblent avoir souvent servi au regroupement des internés sélectionnés pour la prochaine déportation. L’enceinte et les miradors du camp ont disparu (les deux hangars en bas à gauche n’existaient pas).
Entre fin avril et fin juin 1942, Abram Lubelski est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).
Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne, sur la commune de Margny, et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.
Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.
Le 8 juillet 1942, Abram Lubelski est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 46298 (aucune photo de détenu de ce convoi n’a été retrouvée après le matricule 46172).
Après les premières procédures (tonte, désinfection, attribution d’un uniforme rayé et photographie anthropométrique), les 1170 arrivants sont entassés pour la plupart dans deux pièces nues du Block 13 où ils passent la nuit.
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Le lendemain, vers 7 heures, tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau ; alors choisi pour mettre en œuvre la « solution finale » – le génocide des Juifs européens -, ce site en construction présente un contexte plus meurtrier pour tous les concentrationnaires. À leur arrivée, les “45000” sont répartis dans les Blocks 19 et 20 du secteur B-Ib, le premier créé.
