Abram MIKLICHANSKY

Matricule 45881
decede
Portrait de Abram MIKLICHANSKY
Albert Miklichanski (note 3). Source et crédits : Déportés politiques à Auschwitz.
Convoi 45000

Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz lors de l’évacuation du camp en janvier 1945. Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Abram (Avroum ?) Miklichansky naît le 5 mai 1910 à Novorossiisk, ville portuaire sur la Mer Noire (Russie), fils de Pierre (James) Miklichansky et de Sepie Kititze (Cipil Katz). La famille quitte l’URSS en 1921.

En 1931, Abram dit Albert Miklichansky vit avec ses parents au 42, rue de Chanzy (Paris 13e) et travaille comme tapissier.

Le 5 mars 1931 à la mairie du 13e arrondissement, il se marie avec Rosalie (Rose) Chariton, née le 20 novembre 1910 à Paris 5e, employée de bureau, vivant avec sa mère, veuve, au 19, rue Oudry. Ils auront deux enfants : Danièle, née le 28 mai 1934, et Jacques, né le 20 mai 1936.

Abram dit Albert Miklichansky est naturalisé français le 15 mars 1933.

Au moment de l’arrestation du père de famille, celle-ci est domiciliée dans un logement au 48 bis, rue de la Gare de Reuilly à Paris 12e.

Albert (Abram) Miklichansky, dit Mickly, travaille comme ouvrier tapissier chez un maître-tapissier du Faubourg Saint-Antoine qui sera lui-même déporté.

Adhérent du Parti communiste depuis 1933 (ou 1935, selon les Renseignements généraux de la préfecture de police), trésorier adjoint de la cellule 1929 de la 12e section de Paris-Ville, il est aussi un syndicaliste actif de la CGT, trésorier du Syndicat des tapissiers et délégué au Conseil national. Il participe aux manifestations du Front populaire en 1936 ; notamment au mouvement de revendication des tapissiers en décembre de cette année. Rose, son épouse, partage « ses opinions révolutionnaires ».

Le 20 février 1941, l’inspecteur général de la direction générale de la Sûreté nationale écrit au préfet de police pour lui faire parvenir deux dénonciations anonymes concernant des individus, dont un nommé « Nicky », qui manifesteraient une activité communiste, en lui demandant de lui faire parvenir tous renseignements les concernant (il s’avère que l’autre homme désigné, de Saint-Ouen, est décédé depuis le 27 novembre 1940…).

Selon l’enquête menée par les Renseignements généraux de la préfecture de police sur Albert (Abram) Miklichansky, « il apparaît certain qu’il continue à militer clandestinement en faveur de l’ex-parti communiste. C’est l’avis de plusieurs personnes de son entourage qui n’hésitent pas à déclarer qu’il demeure le chef des milieux révolutionnaires de son quartier ; ce qui semble confirmer en tous points les informations anonymes communiquées. »

Les 1er et 18 mars, les perquisitions effectuées à son domicile n’amènent la découverte d’aucun document ayant trait à son activité clandestine présumée. De même que « plusieurs surveillances exercées à son égard et à des heures variées » ne permettant pas aux policiers de constater sa participation à la propagande du PC clandestin.

Le 15 juillet suivant, à 22 h 45, dans la rue du Sergent-Bauchat (Paris 12e), un gardien de la paix de l’équipe cycliste du commissariat du 12e arrondissement remarque deux individus suspects s’attardant devant chaque immeuble. Après s’être dissimulé afin de les surveiller, il a la certitude qu’ils tracent des inscriptions à la craie sur les murs. À sa vue, les deux militants prennent la fuite. Le policier parvient à appréhender Abram Miklichansky tandis que son partenaire ne peut être rejoint. Interrogé, Abram Miklichansky déclare ne pas connaître celui-ci, mais admet dans un premier temps avoir dessiné des croix de Lorraine et des « V » (un rapport mentionne également des faucilles et marteaux) ; il est trouvé porteur de trois bâtons de craie de différentes couleurs. Mis à la disposition du chef de poste, il est relaxé à 23 h 35 après vérification de son domicile. Un rapport est fourni au commissaire du quartier Picpus et une copie est transmise à l’état-major de la police municipale et à la direction des Renseignements généraux.