Adrienne « Linotte » HARDENBERG

Née Coston
Matricule 31636
🕊️ Morte en déportation
Photographie non retrouvée pour Adrienne « Linotte » HARDENBERG
Photographie individuelle non retrouvée. Image de remplacement.

Adrienne Coston, dite « Linotte », naît le 23 septembre 1906 à Saint-Quentin. Son père est ouvrier bitumier et sa mère couturière. Elle épouse en 1928 Pierre Hardenberg, photograveur d’origine italienne. Leur fille Yolande naît l’année suivante. La famille s’installe à Bagneux, où Pierre travaille dans un métier essentiel à la reproduction des imprimés clandestins.

Au début de 1940, les deux époux sont arrêtés comme « défaitistes ». Une perquisition et un long interrogatoire, auquel leur fille de dix ans est elle aussi soumise, n’apportent aucune preuve et ils sont relâchés. Pierre rejoint pourtant l’appareil technique du Parti communiste clandestin, mettant son savoir-faire de photograveur au service des ateliers d’impression.

Le 18 juin 1942, après des semaines de filatures menées par la brigade spéciale, trois inspecteurs arrêtent Pierre au domicile familial et attendent le retour d’Adrienne du marché. Les policiers saisissent dans un atelier des clichés destinés à l’impression et de faux cachets allemands. Adrienne est entraînée dans le vaste démantèlement du réseau des imprimeurs.

Le 10 août, elle est transférée au fort de Romainville sous le matricule 610. Le lendemain, Pierre est fusillé au Mont-Valérien avec 87 autres otages. Yolande se retrouve privée de ses parents. Le 22 janvier 1943, Adrienne quitte Romainville pour Royallieu, puis monte dans le convoi de femmes déporté de Compiègne vers Auschwitz.

À Birkenau, elle reçoit le matricule 31636, tatoué sur l’avant-bras gauche. Sa photographie d’immatriculation n’a pas été retrouvée ; la notice ne présente qu’une plaque commémorative. Après la quarantaine, l’épuisement causé par la faim, le froid et les conditions du camp l’emporte rapidement, comme tant de femmes du convoi durant le premier hiver.

Adrienne meurt le 22 février 1943, selon l’acte établi par l’administration SS. En juin, les autorités allemandes annoncent à son père qu’elle serait morte à « l’hôpital d’Auschwitz » d’un ulcère à l’estomac, explication invérifiable qui dissimule la réalité du camp. Elle a trente-six ans et sa fille Yolande treize ans.

Yolande est recueillie successivement par ses grands-parents puis par sa tante. La mémoire d’Adrienne reste associée à celle de Pierre et aux imprimeurs clandestins. Faute de portrait authentique identifié, cette fiche conserve volontairement l’image de remplacement : elle signale le manque documentaire sans attribuer à Adrienne le visage d’une autre déportée.