Albert DÉBUT

Matricule 45430
decede
Photographie de Albert DÉBUT
Albert Début © « La Résistance dans le 19 è arrondissement de Paris » — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2012/09/debut-albert/
Convoi 45000

Albert Masclaux naît le 15 mars 1914 à Douai (Nord), chez sa grand-mère maternelle, Euphroisie Crouzet, veuve Masclaux, 60 ans, domiciliée rue de Douai, au hameau de Dorignies, laquelle présente présente à l’état civil l’enfant de sa fille, Estelle Masclaux, 19 ans, née à Pantin (Seine), célibataire, journalière. Le 9 août 1918, à la mairie de Paris 19e, Albert est reconnu par Jules Début. Le lendemain, il y est légitimé par le mariage de ses parents.

Le 15 octobre 1930, pour son premier emploi, à 16 ans, Albert Début entre comme chaudronnier-ferblantier à la société L’Est Parisien Radiateurs (« pour la réparation et l’échange des radiateurs »), dont le siège est au 3, rue de Cotte, à Paris 12e, tandis que les magasins et ateliers sont au 37, rue Bouret, à Paris 19e.

Le 3 mars 1933, à Montreuil-sur-Seine (Seine / Seine-Saint-Denis – 93), Albert Début – âgé de 19 ans – épouse Alice Garnier, née le 2 septembre 1912 à Aubervilliers (93). Ils auront trois enfants : André, né le 13 mars 1934 à Paris 12e, et deux autres âgés de 4 et 3 ans (Jean) en 1941.

De santé fragile, Albert Début est exempté du service militaire. En septembre 1935, il est opéré à l’hôpital Saint-Louis (Paris 10e) pour une pancréatite aigüe.

Vers 1936 et jusqu’au moment de l’arrestation du chef de famille, celle-ci est domiciliée au 30, rue des Chaufourniers à Paris 19e, vers l’avenue Simon Bolivar, dans un logement d’habitation à bon marché (HBM) de la Ville de Paris.

Lors du grand mouvement social de juin 1936, son employeur ne remarque aucune activité syndicale ou politique particulière de la part d’Albert Début, même si, dans son usine, on sait qu’il est « sympathisant des doctrines communistes ».

En 1938, il adhère de fait au Parti communiste, section d’Aubervilliers. Pendant un temps, il est secrétaire de cellule. Il est également membre du Secours Rouge International (S.R.I.).

Le 12 novembre 1939, en matinée, suite à une lettre de dénonciation, des policiers du commissariat Combat perquisitionnent son domicile en son absence, y trouvant des traces de son activité militante datant d’avant l’interdiction du PCF. Convoqué dans l’après-midi au commissariat, Albert Début déclare alors avoir mis fin à son engagement depuis la dissolution de ce parti, niant toute activité depuis la déclaration de guerre.

En juillet 1940, répondant à la proposition d’un camarade, qu’il dira ne connaître que sous le nom de « Jules », il accepte de faire des collectes pour les familles de militants communistes emprisonnés. Il recueille ainsi une dizaine de listes de souscription. Jules vient l’attendre sur le trajet séparant son domicile de son lieu de travail et, quand il a rempli une liste, Albert Début lui remet le montant des souscriptions. Presque à chaque fois, son contact lui remet des tracts, qu’il détruit après lecture. Parfois, lui-même en remet à un voisin, Charles F., 33 ans, manœuvre spécialisé.

En novembre, selon leurs rapports ultérieurs, trois inspecteurs de la 1re brigade spéciale (anticommuniste) des Renseignements généraux de la préfecture de police ayant constaté sur plusieurs semaines une recrudescence d’activité de la part des « éléments extrémistes adeptes de la IIIe Internationale » aux abords des HBM de la rue Mathurin-Moreau, sont amenés à s’occuper d’un nommé Début. « Après de nombreuses surveillances », ils acquièrent « la certitude » (formulations convenues) que celui-ci est « un des responsables à la propagande clandestine du 19e arrondissement ».

Le 6 décembre, en soirée, les trois policiers se présentent au domicile d’Albert Début, alors qu’il est en compagnie de Charles F. La perquisition ne donne rien chez Albert Début, mais il est trouvé porteur d’une liste de souscription en faveur de la femme et des enfants du militant communiste Millet, décédé en prison, de deux tracts ronéotypés et de « divers autres papiers portant indications de chiffres, d’initiales et de noms pouvant être utiles à la suite de l’enquête ». Chez Charles F. sont trouvés plusieurs documents qu’il déclare lui avoir été remis par Albert Début ou avoir trouvé glissés sous sa porte, affirmant n’avoir jamais appartenu au Parti communiste, ni milité en aucune façon. Les deux hommes sont conduits à la préfecture, mis à disposition du commissaire de police André Cougoule, chef de la 1re brigade spéciale (BS1).

Paris. La préfecture de police vue depuis Notre-Dame. Carte postale des années 1900 (le bâtiment est alors la caserne de la Garde républicaine). Coll. Mémoire Vive.