Albert Keyser Ou KAISER

Matricule 45704
decede
Portrait d’Albert Keyser (ou Kaiser)
Portrait extrait de L’Émancipateur du 28 mars 1936. Source et crédits : Déportés politiques à Auschwitz.
Convoi 45000

Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz lors de l’évacuation du camp en janvier 1945. Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Albert Kaiser naît le 28 décembre 1900 à Paris 3e, fils d’Albert Auguste Kaiser, 21 ans, mouleur en cuivre, et de Valérie Rogier, 20 ans, employée, domiciliés ensemble au 98, rue du Temple ; le nouveau-né est présenté à l’état civil par son père. Pupille de l’Assistance publique de la Seine dès 1901, Albert Kaiser est hébergé par un couple d’agriculteurs au lieu dit la Berthaudrie à Morlac (Cher – 18) en 1906. En 1911, il y est rejoint par un autre enfant assisté. Puis il est placé à Vesdun.

Il commence à travailler comme charcutier.

Le 13 mars 1918, à Bourges, il s’engage volontairement dans la marine pour la durée de la guerre. Le jour même, il arrive au 3e dépôt des équipages de la Flotte à Lorient. Un an plus tard, le 8 mars 1919, il est renvoyé dans ses foyers sur sa demande, en attendant l’appel normal de sa classe. Le 25 avril 1921, il est rappelé sous les drapeaux au 148e régiment d’infanterie. Le 24 avril 1922, il est libéré du service actif, titulaire d’un certificat de bonne conduite, et se retire au 27, rue Benjamin-Constant à Saint-Amand-Montrond (18).

Aux élections législatives de 1936, Keyser est candidat dans la circonscription d’Issoudun dans l’Indre, obtenant 14,7 % des suffrages des électeurs inscrits.

Le 28 août 1939, rappelé à l’activité par mesure de prémobilisation, il rejoint le dépôt d’infanterie n° 53. Le 7 décembre, il est affecté aux Forces aériennes terrestres, à la 202e batterie du 406e DCA. Le 27 février 1940, il est affecté au dépôt d’infanterie n° 421 à Romainville (Seine / Seine-Saint-Denis). Fin mai 1940 – avant la débâcle -, il est démobilisé en raison de sa situation familiale et peut rejoindre Bourges.

Il est alors embauché en qualité de conducteur de camion au service de nettoiement de la Société Berruya.

Albert Keyser devient un des dirigeants clandestins du PCF du Cher.

Le 15 décembre 1940, la police française opère une perquisition à son domicile, comme chez une dizaine d’autres militants du département.

Le 22 juin 1941, Albert Keyser est arrêté lors de la grande rafle des communistes du Cher [1], qui sont rassemblés à la Maison d’arrêt de Bourges, puis internés quelques jours plus tard au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ).

Le 24 octobre suivant, la Feldkommandantur 668, à Bourges, transmet à l’état-major du chef du district militaire A, à Saint-Germain-en-Laye, une liste de 44 otages ( Geiselnahme ) dont certains viennent d’être arrêtés dans le Cher et internés à Royallieu. Albert Keyser est le 7e sur cette liste, et son fils Jacques – dont le patronyme est bien orthographié Kaiser – est le 37e.

Le 11 mai 1942, son épouse écrit au Préfet du Cher pour lui faire savoir que son mari « ne milite plus depuis 4 ans » et souligner ses problèmes de santé : « J’ai en charge deux enfants de 5 et 13 ans et de ce fait je suis dans l’impossibilité de travailler. L’absence de mon mari nous réduit à la misère ».