Albert, Charles, Stoltz naît le 11 novembre 1905 à Mulhouse-Dornach (Haut-Rhin), fils d’Albert Stoltz, ouvrier d’usine, et de Caroline Scleich, son épouse.
Le 22 septembre 1928, à Belfort (Territoire de Belfort), Albert Stoltz fils se marie avec Marcelle, Julie, Grime, née le 22 septembre 1903, ouvrière d’usine. Ils ont un fils, né le 10 juillet 1931.
Au moment de son arrestation, Albert Stoltz est domicilié au 15, rue de la Poissonnerie à Belfort (Territoire de Belfort).
Il est ajusteur à l’usine Alsthom de Belfort.
Il est adhérent du Parti communiste.
Sous l’occupation, il reste actif dans la clandestinité, faisant partie du groupe de Charles Grosperrin et diffusant des tracts et des journaux à l’intérieur de son entreprise. Son épouse ignore le détail de ses activités.
Fin avril, un jeune membre du groupe est arrêté en flagrant délit de distribution de tracts au café Espagnol, faubourg des Vosges à Belfort. Au cours de son interrogatoire, il met en cause Albert Stoltz.
Dans la nuit du 30 avril au 1er mai 1941, celui-ci fait le guet pour des camarades traçant une (ou plusieurs) inscription(s) sur la chaussée.
Le lendemain, il est arrêté dans son jardin, à Pérouse, 3 km à l’est de Belfort, par la police municipale de Belfort. Charles Grosperrin est arrêté le même jour. Le 24 juillet suivant, le tribunal correctionnel de Belfort condamne Albert Stoltz à un an d’emprisonnement et 100 francs d’amende, et Charles Grosperrin, par contumace (?) [1], à trois ans de prison et 300 francs d’amende « pour reconstitution d’association politique ». Albert Stoltz est aussitôt écroué à la maison d’arrêt de Belfort, puis transféré le 16 octobre à la maison d’arrêt d’Épinal. Début mai 1942, à l’expiration de sa peine, il n’est pas libéré, mais remis sur leur demande aux autorités allemandes qui l’internent au camp de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ) ; il y est enregistré sous le matricule n° 5306.
La caserne de Royallieu après-guerre. Les huit premiers bâtiments alignés à gauche sont ceux du quartier “A”, désigné pendant un temps comme le “camp des communistes”. À l’arrière plan à gauche, sur l’autre rive de l’Oise, l’usine de Venette qui fut la cible de plusieurs bombardements avec “dégâts collatéraux” sur le camp. Carte postale. Collection Mémoire Vive.
Entre fin avril et fin juin 1942, Albert Stoltz est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).
Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne, sur la commune de Margny, et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.