Alfred, Albert, Joly naît le 30 janvier 1912 à Calonne-Ricouart (Pas-de-Calais), fils d’Eugénie Alice Joly, 16 ans, « ménagère » Pour son inscription à l’état civil, en mairie, le nouveau-né est présenté par Alfred Joly, 62 ans, terrassier, domicilié rue de Marles à Calonne, où il est né. Comme témoins, deux voisins houilleurs.
Alfred Joly est boulanger.
Début 1936, il habite au 16 place de Morny à Deauville (Calvados – 14).
Le 13 février 1936, à Deauville, il se marie avec France Eugénie Alice Canivet, née le 7 octobre 1914 à Caen (14), qui habite déjà à la même adresse. Les témoins du mariage sont un autre boulanger et un secrétaire de police.
Au moment de son arrestation, il est domicilié dans la ferme des Chauvinières, sur la commune de Précigné, à 23 km de La Flèche (Sarthe – 72).
À des dates et pour un motif restant à préciser, il est arrêté puis finalement interné au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ) ; il s’y trouve le 31 décembre 1941.
Entre fin avril et fin juin 1942, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).
Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.
Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.
Le 8 juillet 1942, Alfred Joly est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 45689 (sa photo d’immatriculation a été retrouvée et identifiée [1]).
Après les premières procédures (tonte, désinfection, attribution d’un uniforme rayé et photographie anthropométrique), les 1170 arrivants sont entassés pour la plupart dans deux pièces nues du Block 13 où ils passent la nuit.
Le lendemain, vers 7 heures, tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau ; alors choisi pour mettre en œuvre la « solution finale » – le génocide des Juifs européens -, ce site en construction présente un contexte plus meurtrier pour tous les concentrationnaires. À leur arrivée, les “45000” sont répartis dans les Blocks 19 et 20 du secteur B-Ib, le premier créé.