Alida DELASALLE

Née Charbonnier
Matricule 31659
🌿 Rescapée de la déportation
Photographie non retrouvée pour Alida DELASALLE
Photographie individuelle non retrouvée. Image de remplacement.

Alida Victorine Augustine Charbonnier naît le 23 juillet 1907 à Fécamp, fille d’un maçon et d’une ouvrière. Couturière, elle participe avec Suzanne Roze à la création du Syndicat unitaire du textile en 1926. Elle épouse le boulanger Robert Delasalle en 1928. Tous deux sont communistes et vivent passage Sautreuil, au cœur d’un milieu ouvrier organisé.

Après les grèves de 1936, Alida devient une militante syndicale connue. Licenciée en 1938 pour avoir défendu les acquis sociaux, elle figure sur une « liste rouge » patronale. Sous l’Occupation, elle sert d’agent de liaison, ravitaille des clandestins dépourvus de cartes d’alimentation et transporte du matériel. Robert fournit du pain et leur logement accueille des rencontres clandestines.

Le 21 février 1942, les policiers arrêtent Alida chez une corsetière où elle travaille, après l’interpellation de Suzanne Roze et une enquête partie de Rouen. Les tracts dissimulés dans des corsets ne sont pas découverts. Transférée à Paris, elle passe par le Dépôt, la Roquette puis la Santé, où elle résiste aux interrogatoires et persiste à nier.

Le 24 août, Alida est transférée au fort de Romainville sous le matricule 683. Elle y aperçoit son mari, détenu dans le quartier des hommes. Le 24 janvier 1943, elle est déportée à Auschwitz avec les 230 femmes. À Birkenau, le matricule 31659 est tatoué sur son bras. Son amie Suzanne Roze meurt dès mars 1943.

Alida survit au premier hiver et rejoint le Stabsgebäude, où elle travaille comme couturière. En août 1944, elle est transférée à Ravensbrück, puis en mars 1945 à Mauthausen. Affectée à la gare d’Amstetten, elle déblaie les voies bombardées. La solidarité entre compagnes demeure une ressource essentielle face aux travaux, à la faim et aux évacuations.

Le 22 avril 1945, elle est prise en charge par la Croix-Rouge et conduite à Saint-Gall. Elle rentre à Paris le 30 avril, puis retrouve Fécamp. Robert, déporté de son côté, ne revient pas. Alida partage ensuite sa vie avec le militant syndical Maximilien, dit Augustin, Vasselin, qu’elle épouse civilement en 1972.

Alida Delasalle meurt le 28 avril 1986. Son parcours relie le syndicalisme des ouvrières de Fécamp, la résistance logistique et la survie concentrationnaire. Revenue parmi la minorité des « 31000 », elle transmet aussi le souvenir de Suzanne Roze et des compagnes disparues, accomplissant la promesse de ne pas laisser leur histoire s’effacer.