André Bardel naît le 21 octobre 1903 à Bouville (Seine-Inférieure / Seine-Maritime [1] – 76), fils d’Alphonse Bardel, 34 ans, cultivateur, et de Marie Picard, 27 ans, son épouse, domiciliés au lieu dit La Chapelle. André a deux frères plus âgés : Raymond, né en 1898, et Marcel, né en 1899, tous deux à Sierville (76).
Le 3 septembre 1927, à Yvetot, André Bardel se marie avec Léone Eugénie Marie Lecomte, née le 20 juin 1904 à Rouen. Ils ont un fils, Daniel, né en 1931 à Yvetot.
Au moment de son arrestation, il est domicilié depuis plusieurs années au 14, impasse Delaunay, à Maromme, à l’ouest de l’agglomération de Rouen (76), dans une maison dont il est propriétaire. Il possède également « une petite voiture automobile, 5 chevaux, marque Citroën de modèle déjà ancien ».
Métallurgiste, André Bardel est chaudronnier tuyauteur à la Compagnie Française des Métaux (CFM), dans l’usine de Déville-lès-Rouen, commune voisine, où l’on fabrique des tubes d’acier sans soudure(ancienne « usine à plomb », « Le Plomb »).
Déville-les-Rouen. L’usine de la Compagnie des Métaux de Déville. Carte postale des années 1900. Collection Mémoire Vive.
Délégué syndical à la CFM, André Bardel est membre du Conseil syndical du Syndicat des métaux à Rouen. La police le désigne comme fervent syndicaliste, remarquant son activité lors des grèves de 1936 et 1938.
Dans cette période, il adhère au Parti communiste, fréquentant « les dirigeants de la section communiste de Maromme […] Lecour, Brieu et Bonnifet ».
À la déclaration de guerre, il est mobilisé à l’École d’application d’artillerie de Fontainebleau. Mais son employeur demande et obtient une “affectation spéciale” dans son usine.
Début 1941, André Bardel est dénoncé par une lettre anonyme. Le 13 janvier 1941, la police française – « le fameux inspecteur Madelaine » écrit sa veuve – perquisitionne son domicile et y trouve trois tracts communistes. Il est aussitôt arrêté. Le 6 février, le Tribunal correctionnel de Rouen l’acquitte en estimant que les preuves de son activité ne sont pas suffisantes.
Mais le Ministère public fait appel et, le 26 mars, la Section spéciale de la Cour d’appel de Rouen le condamne à un an d’emprisonnement et 100 francs d‘amende. Arrêté à l’audience, il est écroué à la Maison d’arrêt Bonne-Nouvelle de Rouen durant treize mois.
Rouen, la prison Bonne-Nouvelle. Carte postale des années 1900.
Son épouse et son fils sont pris en charge par ses beaux-parents.