André BOULANDET

Matricule 45283
decede
Photographie de André BOULANDET
André Boulandet à Auschwitz le 8 juillet 1942 — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2011/01/boulandet-andre-etienne/
Convoi 45000

André, Étienne, Boulandet naît le 10 mars 1914 dans la commune de Lognes par Noisiel (Seine-et-Marne – 77), fils de Pierre Boulandet et de Hortense Jeanguyot, son épouse.

Après avoir obtenu le Certificat d’études primaires à Lognes, André Boulandet suit des études professionnelles à l’école des métiers La Fayette de Champagne-sur-Seine de 1927 à 1929.

De 1935 à la veille de son arrestation, il est chocolatier dans les établissement Meunier de Noisiel.

Noisiel. La chocolaterie Meunier, sur un bras de la Marne. Carte postale oblitérée en 1960. Coll. Mémoire Vive.

André Boulandet est un militant syndicaliste. De 1937 à 1938, il est membre du Parti communiste, adhérent à la cellule de Noisiel.

Il est mobilisé, d’abord comme soldat d’août 1939 à janvier 1940, puis comme “affecté spécial” en tant que modeleur sur bois à la Maison Borel à Laval (Mayenne).

Le 1er juin 1940, à Bussy-Saint-Georges (77), il se marie avec Andrée Suinot, née le 24 mars 1918 à Paris 17e, fille du concierge de l’usine Meunier et elle-même ouvrière dans cette entreprise. Elle vient habiter avec son époux, dans un petit logement à la Maison Rouge, lieu-dit de Lognes. Mais elle participe bientôt à l’exode fuyant l’invasion allemande, perdant ainsi son emploi. André Boulandet la retrouve à Lognes le 19 août suivant

Le 22 juillet 1941, Andrée met au monde leur fils, Jean-Pierre.

Le dimanche 19 octobre 1941, des Feldgendarmes viennent chercher André Boulandet à son domicile lors d’une vague d’arrestations décidée par l’occupant contre les communistes de Seine-et-Marne, pris comme otages en représailles de distributions de tracts et de destructions de récolte – incendies de meules et de hangars – ayant eu lieu dans le département.

André Boulandet est rapidement interné au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ), parmi 86 Seine-et-Marnais arrêtés en octobre (46 d’entre eux seront des “45000”). Le 20 octobre, il y est enregistré sous le matricule n°1810, assigné au bâtiment A3.

La caserne de Royallieu après-guerre. Les huit premiers bâtiments alignés à gauche sont ceux du quartier “A”, désigné pendant un temps comme le “camp des communistes”. À l’arrière plan à gauche, sur l’autre rive de l’Oise, l’usine de Venette qui fut la cible de plusieurs bombardements avec “dégâts collatéraux” sur le camp. Carte postale. Collection Mémoire Vive.

Le 28 octobre, le commissaire de police judiciaire de Compiègne (1ère brigade) signe une fiche de renseignements biographiques et signalétiques abrégés pour chacun des otages Seine-et-Marnais enregistrés au camp de Royallieu huit jours plus tôt, toutes portant la même mention : « a été arrêté comme otage par l’Armée d’occupation à la suite de nombreux incendies de meules et d’exploitations agricoles en Seine-et-Marne. “Interné au camp de Royallieu à Compiègne” » ; transcription probable de fiches réalisées par l’administration militaire du Frontstalag 122. Une copie sera transmise à la préfecture de Seine-et-Marne. Sur la fiche dactylographiée concernant André Boulandet a été ajouté une mentionentre parenthèses : « (a déclaré aux autorités allemandes ne pas avoir été inscrit à ce parti [PCF] ; le regrette) ». Le commissaire a-t-il pu lui-même interroger les internés ?