André LANVERT

Matricule 45734
decede
Portrait de André LANVERT
André Lanvert en 1940 (© Gérard Lanvert, DR). Source et crédits : Déportés politiques à Auschwitz.
Convoi 45000

Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz lors de l’évacuation du camp en janvier 1945. Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

André Lanvert naît le 28 janvier 1913 à Grenay ou Bully-Grenay, du nom de la gare SNCF desservant ces deux communes de l’agglomération de Lens (Pas-de-Calais), fils de Gustave Lanvert, 31 ans, mineur à la Compagnie de Béthune, et Lucienne Durin, 24 ans, son épouse, domiciliés dans la cité n° 5 (tous deux venus du village minier de Bézenet, Allier, seront décédés au moment du mariage de leur fils en 1938). André a, au moins, une sœur, Eugénie, Marie, née le 17 septembre 1908 à Grenay, où la famille habite la cité n° 5, dans le quartier ouest en 1911.

Il est possible que la famille Lanvert ait fui les combats et l’occupation allemande au début de la Première Guerre mondiale.

André Lanvert est employé de bureau. Pendant un temps, il travaille aux usines UNIC de Suresnes [1] (Seine / Hauts-de-Seine) ; il est un des dirigeants de la cellule d’entreprise du parti communiste.

Le 31 décembre 1938, à la mairie de Charenton (Seine / Val-de-Marne), il se marie avec Jeanne Darmes, née le 14 août 1914 à Paris 12e, dactylographe.

À partir de ce mariage, le couple est domicilié au 17, rue de la Roquette à Paris 11e.

Le 3 mars 1928, à Charenton, sa sœur, Eugénie, Marie, se marie avec René, Louis, Dorot, né le 23 février 1904 à Paris 13e.

« Au début des hostilités », André Lanvert est mobilisé au 150e régiment d’Infanterie. Il n’est pas fait prisonnier. Mais c’est ce qui arrive à son beau-frère, René Dorot qui avait été mobilisé comme soldat de 2e classe à la 22e section de commis et ouvriers d’administration (COA). C’est probablement dans ces circonstances que sa sœur vient habiter chez eux. Elle travaille alors aussi comme employée de bureau.

Trois jours plus tard, le 29 avril, la 12e chambre du Tribunal correctionnel de la Seine condamne André Lanvert à trois mois de prison, peine couvrant la durée de sa détention préventive. Il est libéré le lendemain, après avoir dû signer une déclaration selon laquelle il désapprouve « formellement l’action communiste clandestine sous toutes ses formes » et s’engage « sur l’honneur à ne [se] livrer dans l’avenir, directement ou par personnes interposées, à aucune activité communiste ».

Il trouve aussitôt un emploi à la scierie Mourer, rue de l’Hérault, à Charenton.

Le 24 octobre, à 7h55, alors qu’André Lanvert est déjà parti à son travail, le commissaire de police du quartier de la Roquette, accompagné de deux gardiens en civil, se rend à son domicile afin d’y effectuer une « minutieuse perquisition », laquelle n’amène la découverte d’aucun « objet suspect ».

Le 28 avril 1942, André Lanvert arrêté une seconde fois, à son domicile, comme otage, lors d’une grande vague d’arrestations (397 personnes) organisée par « les autorités d’occupation » dans le département de la Seine – avec le concours de la police française – et visant majoritairement des militants du Parti communiste clandestin ayant été précédemment l’objet de poursuites judiciaires puis relaxés, sans avoir subi de condamnation ou après avoir purgé leur peine. Les hommes arrêtés sont d’abord rassemblés au camp allemand du fort de Romainville, sur la commune des Lilas (Seine / Seine-Saint-Denis), puis rapidement conduits au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ).