Angel BOLOGNINI

Matricule 45265
survivant
Photographie de Angel BOLOGNINI
Angelo Bolognini le 8 juillet 1942 — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2010/08/bolognini-angelo-erminio/
Convoi 45000

Angelo (Angel), Ermino, Bolognini naît le 2 mai 1913 à Sotto il Monte (Italie), fils aîné de Giovanni Bolognini et de Maria Rigamonti. Il aura un frère et quatre sœurs.

À partir du 19 novembre 1924, la famille habite au 329, cité de la Mine à Mancieulles, dans le bassin minier de Briey (Meurthe-et-Moselle – 54). En 1932, sa sœur habitera à Nancy comme bonne à tout faire.

En 1932, Angel Bolognini est manœuvre à la mine de Saint-Pierremont, comme son père. Au moment de son arrestation, il est déclaré comme ouvrier mineur ou chargeur-mineur à Mancieulles.

Le 28 juin 1933, le préfet de Meurthe-et-Moselle donne un avis favorable à la naturalisation française des parents d’Angel : Giovanni et et Maria Bolognini.

Angelo Bolognini est marié et a un enfant.

Selon une liste manuscrite de quarante-quatre internés établie ultérieurement par le chef du centre de séjour surveillé d’Écrouves, Angel Bolognini – sans être adhérent du Parti communiste – reste syndiqué après l’automne 1939, période de scissions au sein de la CGT.

Le 4 octobre 1941, Angel Bolognini est interné au camp français d’Écrouves, près de Toul (54), probablement à la suite d’un arrêté pris par le préfet de Meurthe-et-Moselle. Il en est peut-être libéré le 19 février 1942. Mais…

Dans la nuit du 4 au 5 février 1942, un groupe de résistance communiste mène une action de sabotage contre le transformateur électrique de l’usine sidérurgique d’Auboué qui alimente également dix-septmines de fer du Pays de Briey. Visant une des sources d’acier de l’industrie de guerre allemande (Hitler lui-même s’en préoccupe), l’opération déclenche dans le département plusieurs vagues d’arrestations pour enquête et représailles qui concerneront des dizaines de futurs “45000”.

Le nom d’Angel Bolognini figure – n°20 – sur une « liste communiquée le 19 (février ?) au soir à la KK ( Kreiskommandantur ) de Briey par le sous-préfet » et précisant la nationalité de cinquante-trois hommes : il est désigné comme français.

Le 22 février, Angel Bolognini fait partie d’un groupe de quatorze otages transférés par la police allemande au camp d’Écrouves, en attente « d’être dirigés sur un autre camp sous contrôle allemand en France ou en Allemagne ». Le lendemain, ils sont rejoints par vingt-cinq autres otages.

Et, effectivement, le 5 mars, Angel Bolognini est parmi les trente-neuf détenus transférés au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ).

Entre fin avril et fin juin 1942, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).