Anne-Marie OSTROWKA

Née Borsch
Matricule probablement 31801
🕊️ Morte en déportation
Portrait documenté de Anne-Marie OSTROWKA
Anne-Marie Ostrowka. Droits réservés.
Anna Maria Borsch naît le 13 novembre 1900 à Mammolshain, en Hesse, dans une famille de cinq enfants. Son père, Wilhelm, est entrepreneur de maçonnerie. Vers vingt ans, elle rencontre Salomon Ostrowka, réfugié d’origine polonaise et juive. Malgré l’opposition de sa famille, elle se convertit au judaïsme et l’épouse religieusement. Couturière, elle apprend ensuite la maroquinerie auprès de lui. Face à la montée du nazisme, le couple part pour la France en 1924 avec son fils Alfred. Anne-Marie et Salomon se marient civilement à Paris le 31 mars 1925 ; leur fille Éléonore naît quelques jours plus tard. Ils ouvrent un petit atelier de maroquinerie rue Oberkampf et vivent ensuite avenue Parmentier. Salomon s’engage dans l’armée française en 1939. Sous l’Occupation, les lois antisémites frappent la famille. Anne-Marie se déclare elle aussi juive par crainte d’être séparée de son mari. Leur boutique est fermée le 20 mai 1941. Salomon et Alfred gagnent la zone sud, mais Salomon est interné à Gurs en janvier 1942. Anne-Marie rétablit alors officiellement sa situation de non-juive pour pouvoir voyager plus facilement. Elle part avec Éléonore dans l’espoir de rejoindre Salomon et de le faire évader. Le 7 octobre 1942, toutes deux sont arrêtées par les autorités allemandes à Vierzon, avant de franchir la ligne de démarcation. Emprisonnée à Orléans, Anne-Marie est ensuite envoyée au fort de Romainville, où elle entre le 13 novembre, jour de ses quarante-deux ans, sous le numéro 1211. Éléonore est internée séparément comme « demi-juive ». Anne-Marie est transférée à Royallieu les 22 et 23 janvier 1943, puis déportée le 24 janvier. Les femmes arrivent à Auschwitz le 26 au soir et gagnent Birkenau le lendemain. Son matricule est probablement 31801, selon la correspondance avec le registre de Romainville, mais cette attribution reste incertaine. Sa photographie d’immatriculation n’a pas été retrouvée. Affectée au Kommando du marais, Anne-Marie succombe à l’épuisement. L’administration SS fixe son décès au 3 avril 1943 ; les rescapées le situent, de mémoire, à la fin de mars ou au début d’avril. Ses camarades ramènent son corps au camp afin qu’il soit compté lors de l’appel. Le parcours de son mari et de leurs enfants est lui aussi marqué par les persécutions. Derrière le matricule probable 31801 demeure une couturière et maroquinière qui quitte l’Allemagne nazie, protège l’unité de sa famille et tente de rejoindre son époux interné. Son portrait de jeunesse rend à Anne-Marie Ostrowka un visage antérieur à la persécution.