Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz lors de l’évacuation du camp en janvier 1945. Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.
Antoine, Paul, Camille, LAURENT naît le 15 décembre 1902 à Charmes (Vosges), fils d’Arthur Laurent, 26 ans, chauffeur, et de Marie Pauly, son épouse, 19 ans, domiciliés faubourg de Nancy.
Au moment de son arrestation, il est domicilié à l’École normale de Commercy [1] (Meuse). Il est jardinier.
Commercy. Cour de l’’École Normale donnant sur le rue, avec le Monument aux instituteurs. Carte postale des années 1920. Collection Mémoire Vive.
En 1923, Antoine Laurent adhère au Parti communiste et devient secrétaire de la section communiste de Commercy.
En 1937, il est candidat aux élections cantonales dans sa commune. Le 5 décembre de la même année, il est élu membre du comité régional communiste.
Antoine Laurent est arrêté entre le 22 et le 24 juin 1941, probablement dans le cadre de l’ Aktion Theoderich [2], et interné dans les jours suivants au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ).
Le quartier “A” de la caserne de Royallieu à Compiègne, futur “camp des communistes” du Frontstalag 122 ; à droite, sont visibles les bâtiments A4, A5, A6, A7 et A8. Carte postale des années 1930. Collection Mémoire Vive.
Entre fin avril et fin juin 1942, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).
Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne, sur la commune de Margny, et entassés dans des wagons de marchandises. Dans un wagon, les détenus de la Meuse se sont rassemblés autour de Charles Dugny. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.
Les deux wagons à bestiaux du Mémorial de Margny-les-Compiègne, installés sur une voie de la gare de marchandise d’où sont partis les convois de déportation. Cliché Mémoire Vive 2011.
Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.
