Armand Saglier après-guerre. © Collection familiale.
En janvier 1923, il habite à Amagne, près de Réthel (Ardennes – 08), puis, en juillet suivant, au 9 rue des Forges, à Charleville (08). En mars 1924, il demeure au 27 rue Thiers, à Mézières (08).
À une date restant à préciser, Armand Saglier épouse Anna Dieudonné, née en 1906 à Longwy (Meurthe-et-Moselle). Ils auront six enfants, dont quatre nés à Is-sur-Tille : Roger, né en 1925, Yvette, née en 1928, Marcel, né en 1929, Serge, né en 1931.
En août 1924, la famille demeure au 3 rue Jacquemart à Mézières, puis, en novembre suivant, au 10 rue des Marbriers.
En 1925, ils sont domiciliés à Is-sur-Tille, chez Delaigue-Dejoix.
En 1936, la famille est domiciliée au 129, rue de la Gare à Marcilly et, au moment de l’arrestation d’Armand Saglier, au 12 rue des Messageries (toujours à Marcilly-sur-Tille). Les six enfants, trois garçons et trois filles, sont alors âgés de dix-sept, quatorze, douze, onze, six ans et de seize mois. Il y a plusieurs familles Saglier dans le village, dont celle de Roger – dans la même rue – employé des chemins de fer de l’Est (cadre SNCF) ; probablement un de ses frères (à vérifier…). Armand Saglier est alors manouvrier chez Ducros (?) ; à la veille de son arrestation, il est électricien sur des chantiers, selon sa famille.C’est un militant du Parti communiste. Il est secrétaire de la cellule regroupant les militants communistes d’Is-sur-Tille et de Marcilly-sur-Tille. Il se présente plusieurs fois aux élections du Conseil d’Arrondissement et du Conseil Général, mais sans succès.
Le 15 janvier 1939, l’armée le classe dans l’affectation spéciale au titre de la mobilisation industrielle, comme personnel de renforcement – ouvrier sur métaux – aux établissement Perrot à Dijon.
Le 18 septembre 1939, dans le cadre de la mobilisation générale, il est affecté spécial à l’usine Lonvroil de Montbard (21), probablement une usine sidérurgique. En mars 1940, un employé de cette usine est interrogé par un commissaire de police spéciale sur le comportement de trois autres employés, dont un dénommé Saglier, dans le cadre d’une enquête sur une éventuelle activité communiste. Il en ressort que ces trois employés sont suspects de poursuivre leur activité militante ; ils ne seront pas interrogés pour ne pas éveiller leurs soupçons. Le 18 avril 1940, l’administration militaire raye Armand Saglier du renforcement et l’affecte au dépôt d’artillerie n° 81.
Sous l’occupation, les hommes de la famille sont actifs dans la Résistance, lui, ses frères Roger et André, le frère (?) de son épouse (M. Faitout ?), ayant notamment des armes en dépôt.
Le 14 juillet 1941, Armand Saglier est arrêté par la gendarmerie allemande à Marcilly-sur-Tille pour propagande communiste suite à une dénonciation, puis aussitôt interné au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ) ; il y est enregistré sous le matricule 1562.
En mars 1942, Marie Saglier, son épouse, qui reste seule et sans ressources avec ses six enfants, écrit à Monsieur de Brinon [1], Ambassadeur de France, secrétaire d’État auprès du chef du gouvernement, délégué général du gouvernement français dans les territoires occupés, pour demander sa libération.
Le même mois, Fernand Saglier (lien familial ? frère, oncle, cousin ? le prénom ne correspond pas au prénom de son père), cultivateur à Marcilly-sur-Tille, écrit également au préfet de Côte d’Or, précisant que l’intéressé « lui rendrait les plus grands services lors des prochains travaux de culture ». Le maire de la commune transmet cette demande au préfet avec « avis nettement favorable ». Le 20 mars, le préfet demande une enquête au service des renseignements généraux (RG). Daté du 13 juin, le rapport de l’inspecteur de police, mentionne l’activité de militant d’Armand Saglier avant les hostilités ; il lui est toutefois favorable dans son ensemble : il est considéré comme un « bon époux et un bon père », « il a détruit par le feu tout de ce qui traitait du communisme » avant de rejoindre son poste à l’usine de Montbard. Ce rapport ne fait pas état des soupçons qui pesaient sur lui en 1940 quant à une éventuelle activité militante à l’usine. L’inspecteur propose sa libération avec régime de liberté surveillée.