Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz lors de l’évacuation du camp en janvier 1945. Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.
Aaron ou Aron Goldstein naît le 15 octobre 1892 à Sousse (Tunisie), fils de José Goldstein et d’Adèle Scheragé.
Le 22 décembre 1937, il divorce d’Esther Goldenberg.
Au moment de son arrestation, il est domicilié au 101, rue Saint-Pierre à Caen (Calvados) et se déclare comme marchand forain.
Le 28 mars 1941, à Caen, il s’est marié avec Frida Segall, née le 5 février 1900 à « Constantinople » (sic !) / Istanbul (Turquie), commerçante (marchande à la halle), qui vit à la même adresse. Les témoins pour ce mariage sont deux autres marchands forains.
Dans la nuit du 1er au 2 mai 1942, Aron Goldstein est arrêté à son domicile par la police française, comme Juif (« Israélite ») : il figure sur une liste d’arrestations demandées par la Feldkommandantur 723 de Caen à la suite du déraillement de Moult-Argences (Airan) [1]. Le soir, il est conduit à la Maison centrale de la Maladrerie à Caen.
Caen, la maison centrale de la Maladrerie dans les années 1900. Carte postale, collection Mémoire Vive.
Le 3 mai, remis aux autorités d’occupation, il est emmené au “petit lycée” où sont rassemblés les otages du Calvados et où ils passent la nuit.
Le 4 mai, Aron Goldstein fait partie du groupe de détenus conduits à la gare de marchandises de Caen pour être transféré au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ). Ils y arrivent le lendemain, 5 mai en soirée.
La caserne de Royallieu en 1957 ; au deuxième plan, les six grands bâtiments alignés du quartier C, qui semblent avoir souvent servi au regroupement des internés sélectionnés pour la prochaine déportation. L’enceinte et les miradors du camp ont disparu (les deux hangars en bas à gauche n’existaient pas).
Entre fin avril et fin juin 1942, Aron Goldstein est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler). Aron Goldstein est probablement déporté comme otage juif.
Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne, sur la commune de Margny, et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.
