Auguste BLAISE

Matricule 45254
decede
Photographie de Auguste BLAISE
Le 8 juillet 1942 à Auschwitz Photo retouchée © Pierre Cardon — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2011/11/blaise-auguste-lionel-marie/
Convoi 45000

Auguste BLAISE naît le 8 décembre 1917 au Havre (Seine-Inférieure / Seine-Maritime – 76) [1], chez ses parents, Émile Jules Blaise, 27 ans, journalier, et Zélie Madeline, 26 ans, son épouse, domiciliés au 12 rue des Drapiers. En même temps que lui naît son frère jumeau, Edmond Georges.

Leur père, “réformé n° 2” à deux reprises, n’est pas mobilisé au cours de la Première Guerre mondiale. Le tribunal correctionnel du Havre le condamne deux fois pour vol. Il décède le 4 mai 1934.

Au moment de son arrestation, Auguste Blaise est domicilié au 25 rue des Viviers, au Havre.

Il est ouvrier caréneur au chantier naval (matelot selon les listes électorales) et adhérent de la CGT.

Il est arrêté, dans la rafle de la place de l’Arsenal, comme otage à la suite de l’attentat du 23 février 1942 [2] [3] et rapidement transféré au camp allemand de Royallieu à Compiègne [4] (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ).

La caserne de Royallieu après-guerre. Les huit premiers bâtiments alignés à gauche sont ceux du quartier “A”, désigné pendant un temps comme le “camp des communistes”. À l’arrière plan à gauche, sur l’autre rive de l’Oise, l’usine de Venette qui fut la cible de plusieurs bombardements avec “dégâts collatéraux” sur le camp. Carte postale. Collection Mémoire Vive.

Entre fin avril et fin juin 1942, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande, en application d’un ordre de Hitler.

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne, sur la commune de Margny, et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, Auguste Blaise est enregistré à Auschwitz sous le numéro 45254. Sa photo d’immatriculation a été retrouvée.

Après les premières procédures (tonte, désinfection, attribution d’un uniforme rayé et photographie anthropométrique), les 1170 arrivants sont entassés pour la plupart dans deux pièces nues du Block 13 où ils passent la nuit.

Le lendemain, vers 7 heures, tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau ; alors choisi pour mettre en œuvre la « solution finale » – le génocide des Juifs européens -, ce site en construction présente un contexte plus meurtrier pour tous les concentrationnaires. À leur arrivée, les “45000” sont répartis dans les Blocks 19 et 20 du secteur B-Ib (le premier créé).