Auguste Monjauvis en 1954. D.R.
Auguste, Eugène, Georges, Monjauvis naît le 2 mars 1903 à Paris 13e arrondissement, fils de Lucien, Alfred, Monjauvis, 26 ans, ajusteur, qui sera chef d’équipe à l’usine Panhard (Paris 13e), et d’Émilie Collet, 20 ans, mécanicienne en chaussure à domicile. Auguste est l’aîné de quatre enfants, la famille comptant aussi Lucien, Henri, né le 2 décembre 1904, Marie, Cunégonde, née le 31 mai 1907 et décédée le 23 avril 1931 (à vérifier…), et Suzanne, Émilie, née le 13 avril 1911, tous à Paris 13e.
Au moment de son arrestation, Auguste Monjauvis vit encore dans l’immeuble (HBM ?) où il est né, au 143, rue Nationale [1], un bâtiment à la construction duquel a participé son grand-père, venu du Cantal en 1860.
Le 10 mai 1923, Auguste est incorporé au 106e régiment d’infanterie afin d’accomplir son service militaire (participe-t-il à l’occupation du bassin de la Ruhr ?). Il est rendu à la vie civile en novembre 1924.
C’est le moment où son frère, Lucien – partant à son tour au service militaire – est affecté au 20e bataillon d’ouvriers, en garnison à Toul (Meurthe-et-Moselle). En juin, le 20e conseil de guerre siégeant à Nancy le condamnera à six mois de prison pour avoir refusé le travail en signe de protestation contre le départ de soldats pour le Maroc (guerre du Rif, 1919-1926). Lucien purge sa peine en forteresse à Strasbourg. À son retour, il militera dans le comité de sous-rayon des Jeunesses communistes du 13e comme responsable de l’Amicale des conscrits.
En 1925, Auguste Monjauvis travaille dans un des ateliers de la Compagnie française / pour l’exploitation des procédés / Thomson-Houston (CFTH), alors filiale de General Electric, répartis dans le 15e arrondissement. Il est membre de la cellule du PC de l’entreprise (n° 11) et en rédige le bulletin politique, L’Étincelle .
À une date restant à préciser, il se marie avec Cécile Louise Vinkopp. Mais ils divorceront avant mars 1950, sans avoir eu d’enfant.
En 1928, Auguste Monjauvis travaille comme ouvrier mécanicien-ajusteur à l’usine d’automobiles Delahaye, 10 rue du Banquier (Paris 13e). Il est alors membre de l’Union syndicale des travailleurs de la Métallurgie, secteur voiture-aviation maréchalerie et similaire de la région parisienne, et adhérent de la cellule du PC de son entreprise (n° 178).
Le 31 juillet mai 1928, vers 19 heures, près de la station de métro Campo-Formio, sur le boulevard de l’Hôpital (Paris 13e), Auguste Monjauvis est interpellé par deux gardiens de la paix alors qu’il distribue des tracts communistes (PC et JC) au contenu pacifiste : « Comme il y a 14 ans, la guerre rôde. Travailleur alerte ! Pensez à 1914 ! Tous au grand meeting, mercredi 1er août au cinéma des Bosquets, 62 rue Domrémy … ». Le militant est conduit au commissariat de quartier de la Salpêtrière, puis relâché dans la soirée. Le lendemain, le journal L’Humanité rend compte de l’incident. Le samedi suivant, Auguste Monjauvis est de nouveau arrêté à la sortie du meeting organisé par le Parti communiste au Cirque d’Hiver pour protester contre la guerre et réclamer une amnistie.
Son frère Lucien, également ajusteur-mécanicien, devient un cadre important du syndicat CGTU de la métallurgie de la région parisienne. En mars 1930, il y est élu secrétaire appointé à la propagande. Avant et après, il est arrêté plusieurs fois pour ses interventions devant différentes usines. Aux élections législatives de 1932, il est élu député communiste de la 2e circonscription du 13e arrondissement. Le 31 janvier 1935, Lucien se marie à Paris 13e. En 1936, il abandonne sa circonscription de député à André Marty et ne sera pas élu dans la 1ère circonscription de l’arrondissement où il se présente alors. Mais, en 1937, il est élu conseiller municipal de Paris dans le quartier de la Gare (13e), siège abandonné par Marty.
De 1936 à 1939, Auguste Monjauvis est délégué du personnel de l’atelier outillage central à la Société des Compteurs de Montrouge (Seine / Hauts-de-Seine).
Montrouge. « Les Compteurs ». Carte postale des années 1920. Coll. Mémoire Vive.