Bernard CHAUVEAU

Matricule 45364
decede
Photographie de Bernard CHAUVEAU
Bernard Chauveau, photo © Jean Claude Guillon. — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2010/10/chauveau-bernard-raymond/
Convoi 45000

Bernard, Raymond, Chauveau naît le 4 mars 1920 à Tours (Indre-et-Loire – 37), chez ses parents, Louis Chauveau, 29 ans, « employé au chemin de fer d’Orléans », et Solange Marie Duplaix, 28 ans, couturière, son épouse, domiciliés au 6 rue des Cerisiers. L’un des deux témoins pour la présentation du nouveau-né à l’état-civil est son grand-père, François Chauveau, habitant à la même adresse.

À sa naissance, Bernard a deux frères, Lucien, né le 10 novembre 1914, et André, né le 13 novembre 1917, et une sœur, Raymonde, née en 1919, tous trois à Tours. Après Bernard, naissent Marcel, le 3 août 1922, et Gustave, le 31 août 1923, tous deux à Sainte-Radegonde.

Au recensement de 1926, clôt le 20 avril, la famille est installée au lieu-dit Les Loisirs à Saint-Pierre-des-Corps (37), commune limitrophe de Tours à l’ouest, entre le Cher et la Loire.

Avant guerre, la police française considère Bernard Chauveau comme un militant actif du Parti communiste, secondant son frère Lucien dans son activité de secrétaire local des Jeunesses communistes.

Au moment de son arrestation, Bernard Chauveau habite toujours chez ses parents, alors domiciliés au 60 avenue du Canal à Saint-Pierre-des-Corps. Il est célibataire. Il travaille comme forgeron (ou plombier ?).

Sous l’occupation, il poursuit son activité militante dans la clandestinité, participant à la fabrication et à la diffusion de journaux et de tracts, à l’inscription de slogans dans les rues.

Dans la nuit du 5 au 6 février 1942, à Tours, un petit groupe armé de résistance – au sein duquel le jeune cheminot Marcel Jeulin – tente une action de sabotage sur un dépôt de carburant situé entre les rues du Sanitas et du Hallebardier, près du passage à niveau n° 4. Une sentinelle allemande montant la garde est grièvement blessée par un coup de révolver. Dès le lendemain, le commandant de la Feldkommandantur 588 fait apposer un avis ordonnant un couvre-feu et annonçant la possibilité d’autres mesures. De son côté, le préfet d’Indre-et-Loire promet une prime de 50.000 francs à qui donnera des informations permettant d’arrêter les résistants. Le soldat allemand blessé décède à l’hospice général Bretonneau de Tours, hôpital en grande partie réquisitionné par l’occupant. Le Feldkommandant fait alors insérer dans le journal local La Dépêche un autre avis selon lequel, si les coupables ne sont pas découverts, des arrestations de représailles seront opérées, suivies d’exécutions et de déportations « vers l’Est ».

Dans la nuit du 9 et 10 février, les autorités d’occupation procèdent à une vague d’arrestations visant trente-deux résidents juifs et onze hommes soupçonnés d’activité communiste de l’agglomération, dont elle connaît l’identité et le domicile. Ils sont d’abord regroupés à la Maison d’arrêt de Tours et/ou (?) au quartier Lassalle, ancienne caserne du 501e régiment de chars de combat (“cavalerie”).

Tours. L’entrée du quartier Lassalle, au fond du Champ de Mars, dans les années 1900. Carte postale, collection Mémoire Vive.

Le 9 février, Bernard Chauveau est ainsi arrêté à son domicile par la Feldgendarmerie .

Le 21 février, d’autres otages de représailles sont parallèlement fusillés sur deux sites éloignés. Six “politiques” précédemment condamnés à des peines de prison par des tribunaux militaires allemands sont exécutés la Maison centrale de Fontevrault (Maine-et-Loire). Quatorze autres sont exécutés au fort du Mont-Valérien (Seine / Hauts-de-Seine), dont treize juifs extraits du camp de Drancy, beaucoup ayant été pris lors de la rafle du 21 août 1941 [1].

Le 1er avril, 19 otages juifs sont transférés au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ), où ils sont probablement assignés au sous-camp juif (quartier C) ; sept seront déportés à Auschwitz le 5 juin (convoi n°2). Jacques Lévy et le jeune Roger Sommer seront déportés le 6 juillet. D’autres enfin seront déportés le 11 octobre 1943 sur l’île anglo-normande occupée d’Aurigny (convoi 641 ; à préciser).