Camille IMPÉRIAL

Matricule 45678
inconnu
Portrait de Camille IMPÉRIAL
Source et crédits : Déportés politiques à Auschwitz.
Convoi 45000

Camille Impérial naît le 14 janvier 1896 à Paris 14e (75), fils de Philomène Impérial, 21 ans (?), domestique (mère célibataire ?). Placé à l’Assistance publique, il est élevé dans une famille d’accueil à Thésée (Loir-et-Cher – 41), dans la région des cépages de Touraine. Il considère comme sa sœur, Alice Morand, enfant de l’Assistante publique accueillie sous le même toit

De la classe 1916, Camille Impérial est affecté au 173e Régiment d’Infanterie, 3e compagnie. Le 5 janvier 1917, avec son régiment, il est cité à l’ordre de l’Armée ; il a droit au port de la fourragère aux couleurs du ruban de la Croix de guerre.

Le 22 février 1922 à Pouillé – village voisin et limitrophe de Thésée sur la rive sud du Cher -, il se marie avec Lucie Lévy, elle-même enfant de l’Assistante publique.

Ils auront une fille, Lucette, née le 22 janvier 1932.

Camille Impérial est maçon et charpentier. Sérieux et travailleur, son métier lui permet d’acquérir quelques arpents de vigne et un terrain, situé route de Tours, à une centaine de mètres de la place de l’église de Thésée, sur lequel il se construit lui-même une maison. Il s’établit comme artisan quelques années avant la guerre.

Thésée et le Cher. Carte postale colorisée. Collection Mémoire Vive.

Son univers s’organise autour de sa famille, quelques amis, le jardin, la pêche, la chasse et ses chiens ; sonmeilleur ami de chasse est fervent catholique et défend des idées politiques opposées aux siennes.

Le 7 septembre 1939, Camille Impérial est rappelé comme réserviste et affecté à la 452e Compagnie du Train (des équipages), partant aux Armées le 16 septembre. Il n’est pas fait prisonnier de guerre et retourne dans ses foyers.

Après l’invasion allemande, le Cher matérialise la ligne de démarcation entre la zone Nord, occupée, et la zone Sud, dite “libre”.

Thésée. Le pont sur le Cher, en direction de Pouillé, où Camille impérial s’est marié (voir deuxième photo ci-dessus). Photo Mémoire Vive, mars 2011.

Le 30 avril 1942, à Romorantin (41), cinq résistants communistes sont découverts par des soldats allemands alors qu’ils distribuent des tracts. Armés, ils ne se laissent pas arrêter et blessent les soldats dont un sous-officier qui succombe à ses blessures. Les mesures de représailles prévoient l’exécution immédiate de dix communistes, Juifs et de proches des auteurs présumés. Vingt autres personnes doivent être exécutées si au bout de huit jours les « malfaiteurs » ne sont pas arrêtés. Un barrage est érigé autour de la ville.

Des rafles sont opérées dans la ville et dans le département afin de pouvoir « transférer d’autres personnes vers l’Est, dans les camps de travaux forcés . »