Camille MOINET

Matricule 45882
decede
Portrait de Camille MOINET
Camille Moinet en 1939 © Odette Moinet. Source et crédits : Déportés politiques à Auschwitz.
Convoi 45000

Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz. Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Camille Moinet naît le 3 août 1901 à Laifour (Ardennes – 08), fils de Charles Moinet, cheminot, et de Marie Laloux.

Le 4 septembre 1916, âgé de 15 ans, il est embauché par la Compagnie des chemins de fer de l’Est qui fusionnera avec d’autres au sein de la SNCF début 1938 [1]. Il est titularisé un an plus tard (?). De 1917 à 1923, il est affecté à Paris.

De la classe 1921, il est d’abord classé dans la cinquième partie de la liste pour « faiblesse ». Néanmoins, le 10 mai 1921, il est incorporé au 154e régiment d’Infanterie. Son registre militaire indique qu’il est plutôt grand pour l’époque : 1 m 76. Le 1er novembre 1922, il est nommé caporal. Le 30 mars 1923, il passe au 18e régiment de tirailleurs algériens. Le 13 juin, il est nommé sergent. Le 7 novembre, il est renvoyé dans ses foyers et se retire à Vaires-sur-Marne (?), titulaire d’un certificat de bonne conduite. À son retour, il entre au service électrique de la Compagnie des chemins de fer de l’Est.

De 1924 à 1928, il est affecté à Joinville-le-Pont (Seine / Val-de-Marne – 94) – comme cantonnier ? -, puis, pendant un an, à Troyes.

Vaires. La gare voyageurs de Vaires-Torcy-Noisiel-Brou. Carte postale écrite en 1935. Coll. Mémoire Vive.

Il est adhérent au Parti communiste de 1935 à 1938, secrétaire de la cellule des cheminots de Vaires en 1937. Il est inscrit sur une liste présentée par le PCF aux élections municipales dans sa commune.

Dans la même période, il est secrétaire adjoint du syndicat des cheminots de Vaires, qui regroupe 1200 adhérents.

À partir de janvier 1938, Camille Moinet semble abandonner toute activité politique pour se consacrer à la Coopérative des cheminots de Vaires-triage, dont le siège est à Brou-sur-Chantereine, et dont il devient président en mai 1938.

Lors de la déclaration de guerre (3 septembre 1939), il est mobilisé comme “affecté spécial” sur son poste de travail. Il est « démobilisé » le 14 juillet 1940.

Le 17 octobre, le préfet de Seine-et-Marne transmet à la direction de la Sûreté nationale, au ministère de l’Intérieur, en réponse à une circulaire de celle-ci datée du 24 septembre, une liste de « fonctionnaires et agents des services publics mobilisables appartenant au parti communiste et maintenus à leur poste » sur laquelle Camille Moinet est inscrit (19e) parmi les agents SNCF, dépendants du ministère des Travaux publics.

Le 30 novembre, il est appelé à rejoindre les armées. Un mois plus tard, il rejoint le 608e régiment de Pionniers, 1ère compagnie. Le 22 avril 1940, renvoyé à l’intérieur comme deuxième réserve, il est nomméchef comptable à la 23e C. de passage (?) du DI 81 à Dijon (Côte-d’Or). Lors de la débâcle, sur décision de son commandement, il reprend les armes comme « détachement isolé » pour la défense de Thiers (Puy-de-Dôme – 63), participant comme volontaire à un engagement à Saint-Anthème (63) le 20 juin.