Camille WATREMEZ

Matricule 46207
decede
Portrait de Camille WATREMEZ
Camille Watremez, le 27 décembre 1930. Source et crédits : Déportés politiques à Auschwitz.
Convoi 45000

Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz lors de l’évacuation du camp en janvier 1945. Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Camille Watremez naît le 19 mars 1907 à Saint-Denis [1] (Seine / Seine-Saint-Denis – 93), fils de Jules Watremez et de Sélina Deloffre, son épouse.

Le 27 décembre 1930 à Paris 12e, Camille Watremez se marie avec Amélie Frattoni, née le 12 octobre 1912 à Paris 11e, couturière. Le jeune marié habite alors au 16, rue Géroux à Pierrefitte-sur-Seine [1] (93). Ils auront un enfant âgé de huit ans en 1942.

Au moment de l’arrestation du chef de famille, celle-ci est domiciliée au 2, rue Maurice-David à Pierrefitte.

Camille Watremez est ajusteur outilleur. Pendant un temps, il travaille à la société de Construction mécanique de Stains [1] (93). À partir de 1928, il est chef d’équipe outilleur d’aviation. De 1936 à 1939, il est adhérent au Syndicat des Techniciens d’aviation.

Il adhère au Parti communiste en 1937, selon sa déclaration ultérieure.

C’est un sportif : coureur cycliste, il est président de l’Étoile sportive de Pierrefitte.

Pendant la guerre 1939-1940, Camille Watremez est mobilisé comme affecté spécial à la Société des Ateliers de mécanique et de chaudronnerie au 5, rue Pleyel à Saint-Denis.

Sous l’occupation, la police française le considère comme un « militant communiste actif », le désignant comme « un des principaux organisateurs de la propagande communiste clandestine parmi les chômeur de Pierrefitte » : membre du comité clandestin des chômeurs, Camille Watremez dépose un cahier de revendications à la mairie.

Le 26 octobre 1940, le préfet de police de Paris signe l’arrêté ordonnant son internement administratif, parmi 38 personnes visées ce jour-là dans le département de la Seine (dont 12 futurs “45000”), en application des décrets du 18 novembre 1939 et du 3 septembre 1940. Le jour-même, Camille Watremez est appréhendé à son domicile par la Brigade spéciale des Renseignements généraux et conduit au “centre de séjour surveillé” (CSS) d’Aincourt (Seine-et-Oise / Val-d’Oise), créé au début du mois dans les bâtiments réquisitionnés d’un sanatorium isolé en forêt.

Centre de séjour surveillé d’Aincourt. Plan de l’enceinte montrant les points d’impact après le bombardement par un avion anglais dans la nuit du 8 au 9 décembre 1940. Arch. dép. des Yvelines (1W71).

Le 7 mars 1941, sur le formulaire de « Révision trimestrielle du dossier » de Camille Watremez, à la rubrique « Avis sur l’éventualité d’une mesure de libération », le commissaire spécial, directeur du camp, n’exprime pas son avis mais constate que cet interné est « resté communiste, mais paraît peu dangereux », ajoutant à sa décharge : « attitude très correcte – travaille régulièrement – excellent esprit – dévoué ».