Camille CHAMPION

Née Chuat
Matricule 31656
🕊️ Morte en déportation
Photographie non retrouvée pour Camille CHAMPION
Photographie individuelle non retrouvée. Image de remplacement.

Camille Chuat naît le 1er juin 1898 à Huelgoat, dans le Finistère, au sein d’une famille de travailleurs forestiers. Elle grandit ensuite dans l’Orne. En 1921, elle épouse Marcel Champion, facteur. Le couple tient plus tard une pension de famille à Maison-Maugis, près de Mortagne-au-Perche. Leur fils a dix-huit ans au moment de leur arrestation.

Les Champion ne sont pas connus comme membres du Parti communiste avant-guerre. Leur établissement a-t-il accueilli des résistants ou servi de relais ? La notice laisse la question ouverte. Les documents disponibles ne permettent pas de déterminer avec certitude pourquoi ils apparaissent dans l’enquête policière liée à l’affaire Pican-Cadras-Politzer. Cette incertitude doit demeurer au cœur de leur histoire.

Le 3 mars 1942 au soir, des inspecteurs des brigades spéciales venus de Paris arrêtent Camille et Marcel à leur domicile. Leur fils et les pensionnaires sont heureusement absents. Camille est conduite aux Renseignements généraux, interrogée, puis enfermée au Dépôt. Le 30 avril, elle est transférée au quartier allemand de la Santé et maintenue au secret.

Le 24 août 1942, Camille rejoint le fort de Romainville, où elle est internée plusieurs mois. Marcel est détenu de son côté. Choisi comme otage, il est fusillé au Mont-Valérien le 21 septembre 1942. Camille ignore d’abord son sort. En janvier 1943, elle est transférée à Royallieu avec les femmes destinées au convoi de déportation.

Le 24 janvier, elle quitte Compiègne pour Auschwitz. À Birkenau, elle reçoit le matricule 31656, tatoué sur l’avant-bras gauche. Son triptyque d’immatriculation est réalisé le 3 février. Après la quarantaine, elle subit l’entassement du Block 26, les appels, la faim et les kommandos qui détruisent très vite les organismes déjà éprouvés par des mois de prison.

Camille contracte le typhus, maladie qui ravage le camp des femmes. Elle meurt à Auschwitz en avril 1943 ; la notice ne fournit pas de jour certain. Elle a quarante-quatre ans. En quelques mois, son fils perd ses deux parents : son père exécuté comme otage et sa mère morte en déportation.

L’absence de motif clairement établi rend son parcours particulièrement révélateur de la mécanique répressive : une arrestation née d’une enquête de réseau peut emporter des personnes dont le rôle exact reste inconnu. Le visage de Camille, retrouvé dans les archives d’Auschwitz, restitue une identité à celle que les documents de police et de camp avaient réduite à des dossiers et numéros.