Charles DELABY

Matricule 45435
decede
Photographie de Charles DELABY
Charles Delaby © Charles Pieters — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2011/10/delaby-charles/
Convoi 45000

Charles Delaby naît le 8 avril 1906 au hameau du Mont-Huon sur la commune du Tréport (Seine-Maritime [1] – 76), au domicile de sa mère, Marguerite Margollé, 20 ans. Il est le fils reconnu d’Armand Delaby, 19 ans, marin du Tréport ; un des deux témoins pour l’inscription à l’état civil est Marie-Joseph Delaby, 30 ans, journalier. Ses parents se marient au Tréport le 20 septembre 1906.

Longtemps domicilié à Dieppe (76), Charles Delaby est patron de chalutier, inscrit maritime.

Dieppe. Chalutier sortant du Port. Carte postale (recadrée), date inconnue, coll. Mémoire Vive.

Membre du Parti communiste, il est secrétaire du Syndicat des marins de Dieppe de 1936 à 1939 et dirigeant de l’Union Départementale de Seine-Maritime en 1938 et 1939.

À la suite des grèves ouvrières du 30 novembre 1938 – qu’il organise avec Charles Pieters, responsable des dockers et qui rejoindra plus tard les groupes armés de la Résistance – il est arrêté avec d’autres dirigeants syndicaux de la ville. Leur défense est assurée par Maître Pierre Brandon du barreau de Paris et Maître Biez de Dieppe, qui met son cabinet à la disposition de la défense. Charles Delaby est condamné à trois mois de prison ferme et 50 francs d’amende pour entrave à la liberté du travail, en même temps que Marcel Dufriche, futur FTP lui aussi. La presse locale les désignait comme « meneurs ». Les marins lancent alors un mot d’ordre de blocage de tous les ports de France – ceux de Dieppe précisant qu’ils garderont à quai le paquebot “Normandie” – tant que leurs responsables syndicaux n’auront pas été libérés.

Le 27 septembre 1939 à Berck-sur-Mer (Pas-de-Calais), Charles Delaby se marie avec Virginie Conte. Ils auront une fille.

Militant dans la clandestinité, Charles Delaby est arrêté le 16 septembre 1941, en tant que « communiste notoire ». Il est alors domicilié au 64, avenue Raspail à Bagnolet [2] (Seine / Seine-Saint-Denis).

À une date restant à préciser, il est remis aux “autorités d’occupation” à leur demande et transféré au camp allemand de Royallieu à Compiègne [3] (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ). Plusieurs rescapés se souviennent qu’il y donnait des conférences sur la pêche.

La caserne de Royallieu après-guerre. Les huit premiers bâtiments alignés à gauche sont ceux du quartier “A”, désigné pendant un temps comme le “camp des communistes”. À l’arrière plan à gauche, sur l’autre rive de l’Oise, l’usine de Venette qui fut la cible de plusieurs bombardements avec “dégâts collatéraux” sur le camp. Carte postale. Collection Mémoire Vive.

Entre fin avril et fin juin 1942, Charles Delaby est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande, en application d’un ordre de Hitler.

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne, sur la commune de Margny, et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

Les deux wagons à bestiaux du Mémorial de Margny-les-Compiègne, installés sur une voie de la gare de marchandise d’où sont partis les convois de déportation. Cliché Mémoire Vive 2011.