Charles GODOT

Matricule 45613
decede
Portrait de Charles GODOT
Charles Godot le 8 juillet 1942. Source et crédits : Déportés politiques à Auschwitz.
Convoi 45000

Charles, Émile, Désiré, Godot naît le 23 décembre 1908 à Clichy( -la-Garenne ) [1] (Seine / Hauts-de-Seine), chez ses parents, Charles, Émile, Marie, Godot, 24 ans, employé de chemin de fer, et Alphonsine Dumay, son épouse, 22 ans, journalière, domiciliés au 23, boulevard Victor-Hugo. Les témoins pour l’inscription du nouveau-né à l’état civil sont deux voisines de leur immeuble.

Le 7 février 1929, à Gournay-en-Bray (Seine-Inférieure / Seine-Maritime – 76) [2], Charles Godot se marie avec Raymonde Jourdain. Ils auront quatre enfants, âgés de onze, dix, neuf et sept ans en octobre 1940.

Charles Godot est peintre en bâtiment.

En avril 1939, il adhère au Parti communiste, mais cesse de cotiser trois mois plus tard, selon sa propre déclaration. Néanmoins, il n’en démissionne pas officiellement.

La même année, il est aussi secrétaire du Syndicat CGT du bâtiment, à Rouen (76).

Après l’interdiction du Parti communiste, Charles Godot est actif au sein d’un groupe de diffusion de propagande dirigé par Paul Lemarchand, docker, ex-secrétaire du Syndicat ouvrier de la Métallurgie, qu’il rencontre plusieurs fois place Saint-Marc, et par Louis Creignou, dit « Duval ».

Au moment de son arrestation, Charles Godot est logé dans une pension de famille avec deux de ses filles au 6, rue de l’École à Rouen ; un document mentionne le 7, rue du faubourg-Martinville.

Le 7 octobre 1940, à 16 heures, l’adjoint au commissaire central de Rouen, accompagné d’un inspecteur de police se rend à son domicile afin d’y effectuer une perquisition. Après que la logeuse leur ait déclaré qu’il était absent, ils attendent sur place. Arrive alors Solange V., qui se présente comme l’amie de Charles Godot. Interrogée, elle informe les policiers que celui-ci se trouve rue des Boucheries-Saint-Ouen et consent à les y conduire. Après que les policiers aient présenté la délégation établie par le préfet de Seine-Inférieure, Charles Godot regagne son domicile avec eux. À la demande des policiers, Solange V. ouvre le sac à main et la valise qu’elle a précédemment déposés dans la chambre, et dans lesquels se trouvent vingt exemplaires d’un tract intitulé « Les députés communistes avaient raison », huit exemplaires du n° 16 de L’Humanité clandestine datée du 25 septembre 1940 et cinq exemplaire de La Vie Ouvrière clandestine n° 3, du 27 septembre 1940. Interrogée, elle déclare que, ne partageant pas les idées de son ami, cela fait la troisième fois qu’elle retire des documents de propagande de son placard fin de les détruire. Dans les vêtements de Charles Godot, les policiers trouvent un agenda de l’année 1939 avec des dates et des noms, relatifs notamment à la création d’un comité provisoire du déblaiement, avec Godot comme président, Prout comme trésorier et Lemoine comme archiviste.

Le même jour, le domicile d’Eugène Prout est également perquisitionné, ainsi que quatre autres logements de militants.

Le lendemain, neuf personnes sont déférées au Parquet, inculpées d’infraction au décret du 16 septembre 1939, y compris Solange V. Mais celle-ci est laissée en liberté provisoire, ainsi que Louis Levillain, de santé fragile.

Le 26 novembre suivant, le Tribunal correctionnel de Rouen condamne Charles Godot et Eugène Prout à un an d’emprisonnement et à 100 francs d’amende, en même temps que Louis Creignou, René Godebin, Louis Levillain et Vitorio Loranzo. Paul Lemarchand, alors en fuite, est condamné à 18 mois de prison par défaut. Le Ministère public fait appel (?).

Le 10 décembre, le tribunal civil de Rouen prononce le jugement de divorce d’avec son épouse, Raymonde ; la procédure ayant probablement été engagée auparavant.