Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz lors de l’évacuation du camp en janvier 1945. Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.
Charles Wingert (ou Winger) naît le 24 décembre 1894 à Athus (Belgique), fils de Charles Winger et de Eugénie Liétard.
En février 1922 à Atlins ou Athus (Belgique), il se marie avec Denise Delphine, née en 1891 à Bouelle (Belgique). Ils n’ont pas d’enfant.
En 1936 et jusqu’au moment de son arrestation, il est domicilié rue de Lexy à Réhon, au sud de Longwy (Meurthe-et-Moselle – 54) ; au n° 12 en 1936, au n° 53 plus tard.
Villerupt, vue sur Réhon et la vallée de la Chiers. Carte postale non datée (après-guerre ?). Collection mémoire Vive.
Charles Wingert est ajusteur à la Société des Laminoirs, Hauts-Fourneaux, Fonderies et Usines de la Providence (haut fourneau Saint-Eloi).
De 1936 à 1939, il est syndiqué à la Fédération des Métaux.
Dans la nuit du 4 au 5 février 1942, un groupe de résistance communiste mène une action de sabotage contre le transformateur électrique de l’usine sidérurgique d’Auboué qui alimente également dix-sept mines de fer du Pays de Briey. Visant une des sources d’acier de l’industrie de guerre allemande (Hitler lui-même s’en préoccupe), l’opération déclenche dans le département plusieurs vagues d’arrestations pour enquête et représailles qui concerneront des dizaines de futurs “45000”.
Le nom de Charles « Vingert » figure – n°26 – sur une « liste communiquée le 19 (février ?) au soir à la KK ( Kreiskommandantur ) de Briey par le sous-préfe t » pour préciser la nationalité de cinquante-trois hommes du secteur : il est désigné comme belge.
Le 23 février, il fait partie des vingt-cinq otages arrêtés par la police allemande et conduits au centre de séjour surveillé d’Écrouves, près de Toul (54), en attente « d’être dirigés sur un autre camp sous contrôle allemand en France ou en Allemagne » ; ils y rejoignent quatorze autres otages arrivés la veille.
Et, effectivement, le 5 mars, Charles Wingert est parmi les trente-neuf détenus transférés au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ).
La caserne de Royallieu en 1957 ; au deuxième plan, alignés transversalement, les six grands bâtiments du quartier C. Isolés par une clôture de barbelés, ils ont constitué le “camp juif” du 13 décembre 1941 au 6 juillet 1942. L’enceinte et les miradors du camp ont disparu (les deux hangars en bas à gauche n’existaient pas). Carte postale. Coll. Mémoire Vive.
