Daniel BARBEROUSSE

Matricule 45196
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Photographie de Daniel BARBEROUSSE
Daniel Barberousse à Auschwitz le 8 juillet 1942 — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2012/11/barberousse-daniel-henri/
Convoi 45000

Daniel, Henri, Barberousse naît le 3 juin 1920 à Saint-Cyr-l’École (Seine-et-Oise / Yvelines – 78), fils de Henri Barberousse, né en 1893, manœuvre (maçon), ancien combattant de 1914-1918, et d’Émilie Germain, née en 1902, son épouse. Il a une sœur, Mercedes, née en 1923, et un frère, Michel, né en 1927.

Daniel Barberousse va à l’école Jules Ferry jusqu’à 17 ans. Il termine ses études en obtenant un brevet d’enseignement technique.

Au moment de son arrestation, Daniel Barberousse est domicilié chez ses parents au 11, passage Danton à Saint-Cyr-l’École. Il est célibataire (il a 20 ans).

Il est dessinateur industriel chez Monsieur Bauché, au Chesnay (78), embauché grâce au directeur de l’école où il a étudié.

En 1939, pendant quatre mois, Daniel Barberousse est secrétaire de la cellule locale des Jeunesses communistes.

Il reste actif après l’interdiction des organisations communistes en septembre 1939. La police le soupçonne de recevoir « tous les journaux et tracts destinés à être distribués à Saint-Cyr . »

Dans la nuit du 24 au 25 décembre 1940, des tracts communistes sont distribués à Saint-Cyr. Dès le lendemain, 25 décembre 1940, le commissaire de police procède à l’arrestation de cinq jeunes militants clandestins, dont Daniel Barberousse, pour reconstitution de parti dissous et détention de tracts. La perquisition menée au domicile de Daniel Barberousse amène la découverte de « 25 exemplaires ronéotypés du journal L’Avant-Garde n°16 de juillet 1940 ». Un juge d’instruction du parquet de Versailles inculpe les cinq hommes pour « reconstitution de groupement dissous ».

Le 19 mars 1941, le tribunal correctionnel de Versailles condamne Daniel Barberousse à trois mois d’emprisonnement. Il est écroué à la Maison d’arrêt de la Ville.

Le 27 mars, à l’expiration de sa peine, il n’est pas libéré : le lendemain, le préfet de Seine-et-Oise signe l’arrêté ordonnant son internement administratif en application de la loi du 3 septembre 1940, « relative aux mesures à prendre […] à l’égard des individus dangereux pour la défense nationale ou la sécurité publique ». Daniel Barberousse est conduit au camp français d’Aincourt (Seine-et-Oise / Val-d’Oise), “centre de séjour surveillé” (CSS) créé en octobre 1940 dans les bâtiments réquisitionnés d’un sanatorium isolé en forêt afin d’y enfermer des hommes connus de la police pour avoir été militants communistes avant-guerre.

Le sanatorium de la Bucaille à Aincourt dans les années 1930. Le centre de séjour surveillé a été installé dans la longue bâtisse située au premier plan à gauche. Afin de pouvoir y entasser les détenus, il a fallu y transporter le mobilier des autres bâtiments. Carte postale. Collection Mémoire Vive.

Le 28 avril, l’avocat de Daniel Barberousse écrit au préfet de Seine-et-Oise pour lui demander une mesure de bienveillance à l’occasion du 1er mai, « fête du Maréchal Pétain, chef de l’État ».

Selon le directeur du camp, Daniel Barberousse se « fait remarquer par la violence de ses opinions ». Sa correspondance est censurée à plusieurs reprises. Le 17 avril 1941, le jeune détenu écrit à son père : « Pourquoi m’a-t-on enfermé comme cela et mis plus bas que terre ? Est-ce cela qu’on appelle la justice ? Comme tu dis, les peuples sont cahotés et mis à la merci de sanctions dictées par des hommes égoïstes. Demain, la situation n’a qu’à se renverser ; penseraient-ils alors aux misères qu’ils nous ont fait endurer… Puisse les gens qui nous ont mis là le regretter et avoir du remords. Nous espérons tous que ce cauchemar finira bientôt et que nous reprendrons tous notre place, que nous n’aurions pas dû quitter, parmi la société. »