Daniel YOL

Matricule 46210
decede
Photo non trouvée pour Daniel YOL
Image de remplacement. Photographie de Daniel YOL non retrouvée dans les sources consultées.
Convoi 45000

Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz lors de l’évacuation du camp en janvier 1945. Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Camille, Marcel, Yol (surnom ou pseudonyme “Daniel” ? à vérifier) naît le 25 février 1901 à Bois-Colombes [1] (Seine / Hauts-de-Seine – 92), chez ses parents, Camille Yol, 30 ans, mécanicien (absent), et Marie, Alice, Charlet ou Charlot, son épouse, 21 ans, domiciliés au 83, rue des Bourguignons. Dans le courant de l’année, la famille emménage au 14, rue Mertens. Le 9 mars suivant, le père du nouveau-né, alors électricien-wattman, décède prématurément au 1, rue Cabanis (Paris 14e), à « huit heures un quart » (tué dans un accident professionnel ?) ; les témoins pour l’inscription de ce décès à l’état civil sont deux employés demeurant au 1, rue Cabanis. Plus tard, la mère du jeune Camille, remariée le 14 mars 1908 à Paris 10e, habitera au 3, rue du Clos (Paris 20e).

Le 26 août 1920, à la mairie du 15e arrondissement, Camille Yol fils se marie avec Zéline Reiset, née le 20 mars 1898 à Seppois-le-Bas (Bas-Rhin). Ils emménagent peu après dans un immeuble au 32, rue Jullien à Vanves [1] (92), en face du lycée Michelet.

Le 5 avril 1921, afin d’accomplir son service militaire, Camille Yol est incorporé (comme « artilleur » ?) au groupe de repérage du 1er groupe autonome d’artillerie (GAA) en garnison au fort de Montmorency, dans la forêt du même nom (Val-d’Oise), y arrivant quatre jours plus tard. Le 15 mai 1923, il est renvoyé dans ses foyers, titulaire d’un certificat de bonne conduite.

En 1922, il a été inscrit sur les listes électorales de Vanves.

Il est électricien. À partir de la fin mars 1938, il est employé aux établissements Ragonot, 13 route de Montrouge à Malakoff.

Le 1er septembre 1939, rappelé à l’activité militaire par le décret de mobilisation générale, il est affecté à la batterie de repérage n° 15 du 6e GAA, basée au quartier Sully, à Saint-Cloud (Seine-et-Oise / Hauts-de-Seine), où il arrive dix jours plus tard. Il part aux armées le 18 septembre. Le 1er février 1940, il est nommé 1re classe, puis brigadier à compter du 16 mai. Il est démobilisé le 24 août suivant.

Sous, l’occupation, il est considéré par les Renseignements Généraux comme un « meneur communiste très actif », « individu dangereux par la propagande sournoise qu’il [mène] au sein de l’usine où il [travaille] ».

Le 4 décembre 1940, une perquisition est effectuée à son domicile par un inspecteur du commissariat de la circonscription de Vanves. Dans le registre de main-courante, Daniel Yol explique : « Le matériel trouvé chez moi m’a été confié vers le milieu de l’année 1937 par l’Union des syndicats dont j’étais le secrétaire pour le centre syndical de Vanves. Les dossier et le papier ont la même provenance. Je n’ai jamais utilisé ce matériel et le papier pour la propagande communiste. » Le policier note : « 3 P.V., 1 rapport B.F. et 4 scellés : n° un, machine à imprimer Ronéo électrique, marque Rotary Gestetner n° 15 avec encre et stencil ; n° deux, une machine à écrire marque Underwood ; n° trois, six tampons à encre de la section syndicale de Vanves ; n° quatre, le papier, les circulaires, les dossiers, les brochures, le tout antérieur au décret du 26 septembre 1939 [réprimant l’activité communiste] . Pas d’inculpation. »

Le 27 juin 1941, Camille Yol est appréhendé à son domicile par les services du commissariat de Vanves dans le cadre d’une vague d’arrestations ciblées visant des militants ouvriers : le préfet de police de Paris a signé l’arrêté ordonnant son internement administratif. Ces opérations sont menées en concertation avec l’occupant. Daniel Yol est conduit à l’hôtel Matignon à la disposition des Autorités allemandes qui le transfèrent au camp de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ) ; il fait partie des militants qui inaugurent ce camp de police [2].

Le camp vu depuis le mirador central. Les “politiques français” étaient dans le secteur constitué par la ligne de bâtiments de gauche (“ camp communiste ”) Photo Hutin, Compiègne, carte postale. Droits réservés.

Le 30 mai, la Délégation générale du gouvernement français dans les territoires occupés écrit au préfet de police en lui transmettant une nouvelle lettre d’Hélène Yol relative à l’arrestation de son mari, datée du 12 mai.