Denise Valérie Cacaly naît le 5 février 1919 à Peyrat-le-Château, en Haute-Vienne. Son père est menuisier, sa mère couturière. Elle grandit au sein d’une nombreuse famille d’artisans, avec six frères et une sœur. Partie en région parisienne, elle travaille en 1938 comme manucure dans un établissement de bains-douches de Saint-Mandé.
Le 2 juin 1938, Denise épouse André Louis Moret, comptable. Le couple s’installe dans le dix-huitième arrondissement de Paris. Leur fille Yvette naît en 1939 et Denise cesse alors de travailler. Mobilisé pendant la « drôle de guerre », André est fait prisonnier durant la débâcle de 1940 et envoyé dans un stalag en Allemagne.
Les circonstances précises de l’arrestation de Denise ne sont pas connues. Même son mari, au retour de captivité, ne parvient pas à en apprendre le motif. Ce silence documentaire interdit d’attribuer une activité déterminée. Le 3 décembre 1942, elle est néanmoins conduite au fort de Romainville et enregistrée sous le matricule 1305.
Le 23 janvier 1943, Denise rejoint le camp de Royallieu à Compiègne. Le lendemain, elle est déportée avec les 230 femmes du convoi parti vers Auschwitz. Arrivées le 26 janvier au soir, elles entrent le lendemain à Birkenau en chantant La Marseillaise, acte collectif de dignité au seuil du camp.
Denise reçoit le matricule 31820, tatoué sur l’avant-bras gauche. Son triptyque anthropométrique est réalisé à Auschwitz-I le 3 février. Après la quarantaine, elle est confrontée au froid, à la faim, aux appels et au travail forcé. Ces conditions font disparaître une grande partie du convoi au cours de l’année 1943.
Elle meurt le 24 mai 1943. L’acte dressé par l’administration SS mentionne comme causes une grippe et l’inanition ; la seconde indication traduit directement l’extrême privation imposée aux détenues, tandis que les diagnostics du camp ne peuvent être tenus pour entièrement fiables. Denise a vingt-quatre ans et laisse une enfant de quatre ans.
La répression frappe ensuite sa famille : son frère Pierre, résistant FTP, meurt en juin 1944 après avoir été torturé par la Milice ; son frère Albert est déporté à Dachau et survit. André apprend la mort de Denise par les rescapées après son retour de captivité. Pour elle, aucune explication certaine ne comble le vide de l’arrestation. Son visage retrouvé à Auschwitz demeure le document central d’une vie interrompue.