Edmond DUBOIS

Matricule 45487
decede
Photographie de Edmond DUBOIS
Edmond Dubois, brochure PCF de 1945 — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2013/05/dubois-edmond/
Convoi 45000

Edmond, Émilien, Dubois naît le 2 janvier 1890 à Angers (Maine-et-Loire – 49).

Il perd sa mère à l’âge d’un mois et son père l’abandonne à six mois. Ses grands-parents le recueillent et – à 12 ans – en font un apprenti boulanger-pâtissier. Travaillant en différents endroits, il aboutit dans la région parisienne à 20 ans, déjà révolté.

Il est mobilisé lors de la guerre 1914-1918. Après un conseil de guerre pour propagande subversive, il est versé dans le bataillon d’Afrique (Bat’ d’Af’), censé redresser les plus rétifs. Il y reste jusqu’en 1917, « se libérant lui-même », ce qui l’oblige à vivre dans la clandestinité pendant de longues années, dans l’attente d’une amnistie définitive.

Avec sa femme, Jeanne, ils habitent dans un ensemble de taudis aujourd’hui disparus, proches de la porte d’Italie, ruelle Gandon dans le 13e arrondissement. À cause de sa situation de clandestin, Edmond Dubois ne peut obtenir un emploi régulier : il travaille donc à domicile, dans la chaussure d’enfant, avec un état d’esprit anarcho-syndicaliste.

En 1923, les Dubois achètent un lotissement au 23 de l’actuelle rue Octave-Mirbeau, à Villejuif [1] (Seine / Val-de-Marne, dans les Monts-Cuchets, un lieu-dit consacré jusqu’alors à la vigne et aux champs de blé. Avec l’aide d’un ami maçon, Edmond y construit un deux-pièces-cuisine et continue, tant bien que mal, à travailler dans la chaussure.

Vers 1929, comme il ne court plus le risque d’être poursuivi, il donne son adhésion au Parti communiste, adhésion reçue par le « camarade Christophe ». Il est bientôt secrétaire de la cellule des Monts-Cuchets et trésorier du sous-rayon de Villejuif (l’équivalent de la “section” d’après-guerre).

À partir de septembre 1939, lorsque vient la guerre et l’interdiction du Parti communiste, les Dubois ont à supporter des perquisitions, mais la police ne trouve aucun motif d’arrestation. Le PCF clandestin confie alors à Edmond Dubois la responsabilité d’un secteur ; responsabilité qu’il assume jusqu’à son arrestation le 24 juin 1941, au lendemain de l’entrée des troupes allemandes en Union soviétique [2]. Les circonstances en sont connues : Edmond, qui se sait recherché par la police, se « planque » non loin de chez lui, chez un ami dans la friche du futur lycée Darius-Milhaud. Des policiers arrêtent sa femme et son fils et les emmènent au commissariat de secteur, situé à Gentilly. Pendant ce temps, Edmond, conscient qu’il doit prendre des précautions, mais soucieux de continuer à travailler, demande à quitter son emploi (il avait trouvé un poste dans la boulangerie, à Arcueil) et se rend à la mairie d’Arcueil pour y faire valider un certificat de travail. C’est là qu’il est arrêté et conduit à son tour au commissariat.

Remis aux autorités d’occupation, il est d’abord conduit au camp de détention allemand du fort de Romainville (annexe de Royallieu – HL 122).

Plus tard, il est transféré au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ).

Entre fin avril et fin juin 1942, Edmond Dubois est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30. Comme beaucoup de ses camarades, Edmond Dubois envoie un message à sa famille : ce message parviendra à destination, mais il n’a pas été conservé.

Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.