Edmond GENTIL

Matricule 45589
survivant
Photographie de Edmond GENTIL
Edmond Gentil le 8 juillet 1942 à Auschwitz — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2010/11/gentil-edmond-armand/
Convoi 45000

Edmond, Armand, Gentil naît le 25 juin 1894 à Roches-sur-Rognon (Haute-Marne – 52), chez ses parents, Adolphe Gentil, 37 ans, chaînetier chez Rémond, et Marthe Collin, 20 ans, son épouse, domiciliés au lieu dit Cultrut. Edmond a ensuite deux frères, Albert Louis, né le 8 juin 1896 à Joinville (52), et Victor Jules Léon , né le 29 juillet 1898 à Roches-sur-Rognon.

En 1911, la famille est installée à Froncles (52), commune voisine en bord de Marne. Edmond, 17 ans, et ses parents sont ouvriers de forge à la Société anonyme des Forges de Froncles. Cette année-là, ils hébergent Alphonse Collin, frère de Marthe, 29 ans, mouleur en fonte dans la même usine.

Le 1er septembre 1914, Edmond Gentil est mobilisé comme soldat de 2e classe au 26e régiment d’infanterie, qu’il rejoint une semaine plus tard. Le 8 octobre 1915, il est détaché aux usines Schneider au Creusot. Le 9 août 1916, il passe à la 28e Cie (?). Le 1er juillet 1917, il passe au 29e R.I. à Autun, mais comme détaché en usine. Le 10 janvier 1918, il est remis à la disposition de l’autorité militaire. Le 22 janvier, il passe au 87e R.I. Le 14 mars, il passe au 25e régiment d’infanterie, 5e compagnie. Le 30 mai, au cours de la 3e bataille de l’Aisne, lors d’un repli dans le secteur de Beuvardes (Aisne) face à l’offensive allemande, Edmond Gentil est porté disparu (du 27 mai au 8 juin, le 25e R.I. a perdu 49 tués, 215 blessés et 311 disparus). En fait, Edmond Gentil a été fait prisonnier et conduit au camp de Langensalz ? (Saxe). Il est rapatrié le 10 janvier 1919. Le 17 avril, il passe au 109e R.I. Cependant, il est en sursis d‘appel jusqu’au 31 août suivant, comme lamineur maintenu aux forges… Le 16 septembre, il est mis en congé illimité de démobilisation et se retire à Froncles, titulaire d’un certificat de bonne conduite. En septembre 1920, la commission de réforme de Troyes le proposera pour un pension temporaire de 30 % pour « anémie et état général déficient, légère sclérose du sommet droit, troubles dyspeptiques accentués, suite de maladie contractée en activité, fièvre typhoïde »

Le 31 mai 1919 à Froncles, Edmond Gentil épouse Marie-Thérèse Leclerc, née le 27 mai 1892 à Soncourt-sur-Marne (52).

Début mars 1920, le couple s’installe à Joinville (52), où naîtront leur deux fils : André cette année-là, et Robert en 1923.

En 1936 et jusqu’au moment de son arrestation, Edmond Gentil est domicilié avenue de Lorraine avec sa famille.

Il est ouvrier fondeur à l’usine métallurgique Ferry-Capitain et Compagnie de Bussy, sur la commune limitrophe de Vecqueville, comme Louis Bedet, Georges Collin, Bernard Hacquin et Louis Thiéry.

Vecqueville près de Joinville. L’usine de Bussy dans un méandre de la Marne. Carte postale éditée après guerre. Coll. Mémoire Vive.

Le 23 juin 1941, Edmond Gentil est arrêté, parmi une soixantaine de militants communistes et syndicalistes interpellés en quelques jours dans la Haute-Marne [1] (dont 15 futurs “45000”), puis rassemblés à la prison de Chaumont (52).

Le 27 juin, il est transféré au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ).

La caserne de Royallieu après-guerre. Les huit premiers bâtiments alignés à gauche sont ceux du quartier “A”, désigné pendant un temps comme le “camp des communistes”. À l’arrière plan à gauche, sur l’autre rive de l’Oise, l’usine de Venette qui fut la cible de plusieurs bombardements avec “dégâts collatéraux” sur le camp. Carte postale. Collection Mémoire Vive.

Entre fin avril et fin juin 1942, Edmond Gentil est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).