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Élisabeth, Marcelle, Marthe, Le Port nait le 9 avril 1919 à Lorient (Morbihan), fille de Marcel Le Port, 24 ans, achevant alors sa mobilisation comme “affecté spécial” au titre d’ouvrier (ajusteur) aux Établissements maritimes du port de Lorient, et de Marie-Thérèse Gloton, son épouse, 24 ans, domiciliés au 85, rue de Merville. Élisabeth recevra plusieurs surnoms de la part de ses proches, qu’elle-même utilisera pour se désigner : Sab, Sabeth, Zabeth
Plus tard, ses parents s’installent à Saint-Symphorien (Indre-et-Loire – 37), commune limitrophe au nord de Tours, devenue en 1964 un quartier du chef-lieu. Son père est devenu cheminot, ajusteur à la Compagnie du Paris-Orléans. Son frère Jack (couramment surnommé Jacky) y naît le 9 juin 1925. En 1936, ils habitent avenue de la Salle.
Élisabeth Le Port poursuit ses études à l’école primaire supérieure de Tours.
Aimant la musique, elle obtient un prix de conservatoire au piano.
Zab au piano. © Collection Michel Le Port.
Tours. À l’arrière-plan à droite, l’École normale d’institutrices, vue depuis le pont de Saint-Symphorien. Carte postale “voyagée” en 1903, collection Mémoire Vive.
En 1936, elle est admise à l’école normale d’institutrices de Tours, « aux Tilleuls », quartier Saint-Symphorien. C’est probablement alors qu’elle rejoint l’Union des étudiants communistes (UEC), un engagement qui effraie ses parents, de tradition catholique.
En juillet 1939, à l’issue de cette formation, ayant obtenu le brevet supérieur, elle émet le vœu d’être affectée à l’école maternelle de Bléré (37). Mais, début octobre, elle est affectée comme institutrice stagiaire à l’école publique de filles de Saint-Christophe-sur-le-Nais (37) – jouxtant l’hôtel de ville (?) -, à une trentaine de kilomètres au nord-ouest de Tours.
Quatre classes sont installées (par deux) dans les ailes sous grenier installées symétriquement au rez-de-chaussée du petit hôtel de ville. Les logements de fonction sont constitués de cuisines en rez-de-chaussée et de chambres aux premiers étages, dont les fenêtres donnent soit sur la cour de récréation soit sur une placette côté village. La jeune collègue d’Élisabeth, Renée Baron, occupe déjà le logement mitoyen depuis 1937 (elles permuteront en 1941, quand celle-ci aura une enfant). Geneviève et Alfred Garnier, couple de direction ayant trois jeunes enfants, habitent le grand logement de fonction situé de l’autre côté de la mairie ; cependant, Alfred Garnier est alors interné en Allemagne comme prisonnier de guerre.
Saint-Christophe-sur-le-Nais, vue aérienne d’après-guerre. Au premier plan, la mairie, encadrée par les logements de fonction et les salles de classe. Carte postale coloriée, collection Mémoire Vive.
Le 18 novembre suivant, Élisabeth Le Port passe avec succès son certificat d’aptitude pédagogique (épreuve pratique 15/20 ; épreuve orale 15/20) devant une commission qui prononce son admission définitive comme institutrice adjointe des cours élémentaires première et deuxième année.