Émile, Alfred, Charles, Bureau naît le 20 mai 1900 à Paris 18e, chez ses parents, Léon Bureau, 40 ans, cordonnier, et Virginie Leleu, son épouse, 32 ans, domiciliés au 8, cité Marcadet. Il a – au moins – une sœur, Renée, et un frère, Charles.
Le 1er octobre 1912, titulaire du certificat d’études primaires à sa sortie de l’école, Émile Bureau (âgé de douze ans) commence à travailler comme vendeur et coupeur dans des maisons de soieries et rubans.
Au moment du conseil de révision, il habite encore chez ses parents, au 51 rue Léon (Paris 18e).
En 1917, il rencontre Alice Collas. Ayant besoin d’indépendance financière, il se fait embaucher comme manœuvre dans divers entrepôts, en particulier de l’armée américaine venue alors combattre sur le sol français.
Dans cette période, il commence à se constituer en autodidacte une culture philosophique, littéraire et politique, lisant successivement des traités de philosophie élémentaire, la Critique de la raison pure de Kant, des romans philosophiques de Tolstoï, Balzac, des poésies de Victor Hugo, Baudelaire, avant de découvrir Plekhanov, Boukharine, Staline et Lénine.
Le 9 novembre 1918 à Paris 10e, Émile Bureau, 18 ans, « employé de commerce », se marie avec Madeleine Alice Collas, 19 ans, « préparateur en pharmacie », fille d’un directeur d’usine alors mobilisé. Le 20 mars 1919, celle-ci met au monde leur fils Pierre Émile. Mais le couple se séparera en mai 1924, probablement en partie pour divergences politiques, puis divorcera en novembre suivant, jugement rendu par le Tribunal civil d’Auxerre (Yonne) « au profit exclusif du mari » (?).
En novembre 1919, après un mois à l’usine SOMUA (Société d’Outillage Mécanique et d’Usinage d’Artillerie) de Saint-Ouen, Émile Bureau est reçu en 2e place d’un concours de recrutement des chemins de fer de l’État et, « aidé par le pistonnage d’un oncle et de sa femme », il devient chef de service, employé aux écritures, aux services techniques de la Gare de l’Est. Il travaille ensuite aux gares de Pantin et de Reuilly, où il participe, sans être syndiqué, aux grèves de mars et mai 1920.
Au début de 1920, il adhère au groupe du 18e arrondissement du « petit » Parti communiste éditant Le Communiste et regroupant des anarcho-syndicalistes sympathisants de la révolution russe. Il lit également Le Journal du Peuple .
Le 6 octobre 1920, désigné comme « soutien indispensable de famille », Émile Bureau est incorporé comme musicien sans grade au 5e régiment d’infanterie, à Paris. Il commence à lire L’Humanité , devenu l’organe du parti communiste, section française de l’Internationale communiste créée fin 1920 au congrès de Tours à la suite d’une scission au sein de la SFIO. En octobre 1921, il adhère au Parti communiste dans une permanence où il est reçu par Georges Marrane. Il préside ensuite une réunion du parti en tenue militaire. Le 25 septembre 1922, il est néanmoins « envoyé dans la disponibilité » titulaire d’un certificat de bonne conduite.
À son retour, il ne retrouve pas son emploi aux chemins de fer, conséquence de son activité pendant les grèves, et travaille avec son frère dans des distilleries.
Fin 1923, sur recommandation, il est embauché comme employé de banque à la Société marseillaise de crédit, puis, au début de 1924, à la Banque belge pour l’étranger, comme caissier.
En 1924, Émile Bureau emménage dans une cité immobilière au 221, rue Championnet (Paris 18e) – face au débouché de la petite rue Jacques-Cartier – qui restera son domicile définitif.