Émile CAVIGIOLI

Matricule 45343
decede
Photographie de Émile CAVIGIOLI
Emile Cavigioli le 8 juillet 1942 à Auschwitz — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2010/04/cavigioli-emile/
Convoi 45000

Émile, André, Cavigioli naît le 3 septembre 1903 à Lausanne (Suisse).

À une date et en un lieu restant à préciser, il se marie avec Germaine Louis Camille Pourchel, née 22 septembre 1901 à Authuille (Somme-80). Ils ont, au moins, deux enfants : Yves, né en 1925, et Yvette, née en 1927, tous deux à Albert (80).

En 1926, ils habitent au 16 rue de Corbie, à Albert. Émile Caviglioli est alors maçon chez Puci et Compagnie. En 1931, ils habitent au 6 rue de Corbie. Émile Caviglioli est toujours maçon, mais dorénavant à l’usine d’aviation Potez [1] de Meaulte, commune voisine. En 1936, n’ayant pas changé d’adresse, Émile Caviglioli est devenu riveur chez Potez.

Meaulte, usine des avions Henry Potez, dans les années 1920. Carte postale. Collection Mémoire Vive.

Le 21 décembre 1940, sur une liste établie par le commissariat spécial d’Amiens (80) dans la perspective de prononcer l‘internement administratif de communistes à la suite d’une distribution de tracts, son nom apparaît orthographié « Cavignoli », Italien naturalisé Français, manœuvre, toujours domicilié rue de Corbie à Albert.

Au moment de son arrestation, Émile Cavigioli est domicilé au 5, rue d’Amiens, toujours à Albert.

Le 25 octobre 1941, Émile Cavigioli fait partie des sept « personnes de l’arrondissement de Péronne arrêtées par l’autorité allemande » – dont Florimond Dessein et les frères Villa, d’Albert – et transférées au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ). Il y est enregistré sous le matricule n° 2052.

Le camp militaire de Royallieu en 1956. Au premier plan, en partant de la droite, les huit bâtiments du secteur A : « le camp des communistes ». En arrière-plan, la ville de Compiègne. Carte postale, coll. Mémoire Vive.

Le 5 décembre 1941, suivant le rapport du Commissaire spécial d’Amiens, le préfet de la Somme demande au commandant de la Feldkommandantur 580 à Amiens la libération de quatre d’entre eux dont le nommé « Cavogioli Albert ».

Le 3 février 1942, le préfet demande la libération de dix-neuf détenus de son département arrêtés en octobre précédent et internés à Compiègne, précisant pour chacun d’eux : « Ne participe en aucune manière au mouvement communiste. A une attitude loyale vis-à-vis du gouvernement français et des autorités occupantes ». Émile Cavigioli est inscrit sur cette liste. Le préfet réitère cette demande le 2 avril pour neuf détenus dont Cavigioli.

Entre fin avril et fin juin 1942, celui-ci est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne, sur la commune de Margny, et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.