Émilie Angéline PORCHER

Dite « Line », veuve Fourmy
Matricule 31789
🕊️ Morte en déportation
Photographie non retrouvée pour Émilie Angéline PORCHER
Photographie individuelle non retrouvée. Image de remplacement.
Émilie Angéline Porcher, dite « Line », naît le 4 janvier 1881 à Boisville-la-Saint-Père, en Eure-et-Loir. Élevée à Chartres, elle s’établit très jeune à Tours, en Indre-et-Loire. Elle épouse Antoine Julien Amilcar Fourmy, dont elle est veuve depuis longtemps lorsque survient la guerre. En 1942, elle réside à Saint-Pierre-des-Corps ; sa profession n’est pas connue. Sous l’Occupation, Line Fourmy appartient à un groupe de Résistance communiste. Son domicile abrite la machine à écrire utilisée pour préparer des tracts clandestins. Cette activité matérielle, essentielle à leur diffusion, l’expose directement à la répression allemande. Elle est dénoncée en même temps que Fabienne Landy, autre résistante tourangelle engagée dans la fabrication de cette propagande. Le 23 juillet 1942, la Gestapo arrête Line chez elle et découvre la machine à écrire. Elle est emprisonnée à Tours. Le 7 novembre, elle arrive au fort de Romainville, sur la commune des Lilas, avec le groupe des Tourangelles. Elle y reste détenue jusqu’au rassemblement des femmes désignées pour une déportation vers l’Allemagne nazie. En janvier 1943, Line est transférée au camp de Royallieu à Compiègne. Le 24 janvier, elle fait partie des 230 femmes placées dans les quatre derniers wagons d’un convoi comprenant aussi plus de 1 450 hommes. Après la séparation du train à Halle, les wagons des femmes atteignent Auschwitz le 26 janvier au soir ; elles gagnent Birkenau le lendemain. À son arrivée au camp de femmes, Line est enregistrée sous le matricule 31789, tatoué sur son avant-bras. À 62 ans, elle compte parmi les plus âgées des déportées du convoi bientôt appelé celui des « 31000 ». La quarantaine au Block 14 impose déjà le froid, la faim, les appels prolongés et les corvées dans des conditions qui épuisent rapidement les détenues. Selon le souvenir recueilli par Charlotte Delbo, un médecin SS demande, le 3 ou le 8 février, aux femmes trop âgées ou trop faibles pour supporter l’appel de se signaler. Line lève la main. Elle est conduite au Block 25, lieu où sont enfermées celles vouées à la mort. L’acte du camp fixe son décès au 20 février 1943 ; l’état civil de Saint-Pierre-des-Corps retient le 15 février. Charlotte Delbo rapporte que ses compagnes la surnomment « Maman Line » et qu’elle n’a plus de famille. Saint-Pierre-des-Corps entretient aujourd’hui le souvenir de Line Porcher parmi ses résistantes déportées à Auschwitz-Birkenau. Derrière le matricule 31789 demeure une femme dont la maison et la machine à écrire ont servi le combat clandestin, avant son arrestation et sa mort en déportation.