Eugène Dit Jean BONNARDIN

Matricule 45272
decede
Photo non trouvée pour Eugène Dit Jean BONNARDIN
Image de remplacement. Photographie de Eugène Dit Jean BONNARDIN non retrouvée dans les sources consultées.
Convoi 45000

Eugène, Jean, Bonnardin naît le 11 juin 1904 à Beaune (Côte-d’Or – 21), fils de Jules, dit Louis, Bonnardin, 29 ans, tonnelier, et de Marie Mauchaussé, son épouse, 25 ans, sans profession, alors domiciliés au 118, route de Dijon, probablement chez les parents de Jules ; pour la présentation de l’enfant à l’état civil, les témoins sont un tonnelier et un serrurier… Eugène a une sœur aînée, Marguerite, née à Beaune en 1899. À l’âge de deux ans, les parents d’Eugène préfèrent le déclarer sous son deuxième prénom : Jean.

Pour son travail, leur père fait souvent déménager la famille dans plusieurs départements du nord-est : en octobre 1905, celle-ci vit au 4, rue des Quatre-Vingt-Degrés à Bar-le-Duc (Meuse – 55) ; en juin 1909, ils sont au 40, rue des Tanneurs à Toul (Meurthe-et-Moselle – 54), Jules est alors tonnelier chez Contamine (?) ; en mars 1911, ils ont déménagé à Bouxières-aux-Dames (54) ; début 1912, ils sont à Pierrepont, lieu dit de Laulois-sur-Vence, près de Mézières (Ardennes) ou en Meurthe-et-Moselle ? ; en septembre 1913, ils habitent à Vougeot (21).

Le 15 août 1914, rappelé à l’activité militaire par le décret de mobilisation générale, Jules Bonnardin – qui a effectué son service militaire comme canonnier de 1895 à 1897 – rejoint le groupe territorial du 1er régiment d’artillerie. Le 1er avril 1917, il passe au 262e R.A. Le 26 novembre suivant, il passe au 83e R.A. Le 1er janvier 1918, il passe au 289e régiment d’artillerie lourde. Le 30 décembre 1918, il est mis en congé illimité de démobilisation et se retire à Beaune.

En juillet 1920, Jules et Adèle Bonnardin habitent au 29, rue Grande-Étape à Châlons-sur-Marne (Marne), avec leurs enfants, Eugène (16 ans), Marguerite, et le mari de celle-ci. En mai 1922, les parents habitent au 4, rue de Domrémy à Vaucouleurs (55).

Vers 1928, Eugène Bonnardin est embauché comme tourneur-ajusteur aux établissements Lipton, usine de décolletage (pièces métalliques tournées), située 66 bis, rue Charles Dumont à Dijon (21).

Le 8 juin 1929, à Gennevilliers (Seine / Hauts-de-Seine), alors qu’il est domicilié au 62, rue Charles-Dumont à Dijon, il se marie avec Andrée Marie Raymonde Perrault, couturière, 20 ans, domiciliée chez ses parents au 231 Cité Jardin à Gennevilliers.

En 1931, le couple habite au 54, rue Charles-Dumont à Dijon. Eugène Bonnardin est alors employé chez Vernet (?).

Le 24 mars de cette année, dans la soirée , Andrée, son épouse âgée de 22 ans, décède à l’Hôpital général de Dijon (aujourd’hui fermé, 2019).

Le 21 août 1933, à Dijon, Eugène Jean Bonnardin épouse en secondes noces Yvonne Taret, née le 10 juillet 1900 à Saint-Fons (Rhône), qui vit à la même adresse et qui a eu d’un premier mariage une fille, Christiane Bourlot, née en 1926 à Lyon. En 1936 et jusqu’au moment de son arrestation, la famille est domiciliée au 18, rue Févret à Dijon.

Pendant la mobilisation, après avoir servi dans les Chasseurs à pied, Eugène Bonnardin est mobilisé au 608e Pionnier jusqu’au 1er novembre 1939, date à laquelle il reprend sa place dans son entreprise comme “affecté spécial”. Sous l’occupation, l’usine Lipton est requise par l’armée allemande pour des « travaux de précision ». Eugène Bonnardin est alors chef d’équipe au réalésage (rectification) des pistons.

Le 11 janvier 1942, Eugène Bonnardin fait partie des 26 ouvriers de l’usine arrêtés au lendemain d’un attentat manqué contre le foyer du soldat allemand ( Soldatenheim ) de Dijon [1]. Son domicile est perquisitionné sans succès. Le jour suivant, des inspecteurs de la police judiciaire l’interrogent sur son emploi du temps et lui présentent certaines pièces métalliques des bombes utilisées qui auraient pu être fabriquées dans son usine.

Le 19 janvier, le Commissaire divisionnaire, chef de la Police judiciaire, informe par courrier le Préfet de Côte d’Or que 21 des ouvriers arrêtés ont été remis en liberté. Sur les cinq hommes gardés en détention, deux détenus ont avoué leur complicité (Pierre Dubost et Serge Guillerme) et trois sont gardés en otages en raison de leur ex-affiliation au Parti communiste : Julien Faradon, Henri Poillot et André Renard(futurs “45000”). Libéré le 18 janvier à 4 heures, Eugène Bonnardin reprend son travail le lendemain,bien que malade. Arrêté, seul, le jour-même vers 11 heures par la police allemande, il est interné comme otage au quartier allemand de la prison de Dijon, rue d’Auxonne. En prison, il tombe et perd connaissance. Il est sérieusement malade pendant quelques jours et est placé dans une cellule chauffée en raison de son état (il souffre de tuberculose pulmonaire).