© Archives de l’Institut d’histoire sociale CGT de Seine-Maritime.
Le 23 juin 1941 [2] (?), il est arrêté par des agents du commissariat central du Havre, peut-être accompagnés d’Allemands (« Gestapo » ?). Il est incarcéré à la Maison d’arrêt du Havre, officiellement « sur ordre préfectoral ».
Le 22 décembre, il est transféré à Rouen (?) avec Auguste Gasrel.
Après son arrestation, son épouse tient son commerce avec leurs deux filles.
À une date restant à préciser, il est interné au camp allemand de Royallieu à Compiègne [3] (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ).
Il est possible qu’il soit libéré.
En octobre 1941, il est de nouveau arrêté et conduit au camp de Royallieu.
Entre fin avril et fin juin 1942, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande, en application d’un ordre de Hitler.
Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne, sur la commune de Margny, et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.
Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.
Le 8 juillet 1942, Eugène Friot est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 45561, selon les listes reconstituées et par comparaison de la photo du détenu portant ce matricule avec un portrait “civil” datant d’avant son arrestation.
Après les premières procédures (tonte, désinfection, attribution d’un uniforme rayé et photographie anthropométrique), les 1170 arrivants sont entassés pour la plupart dans deux pièces nues du Block 13 où ils passent la nuit.