Eugène, Émile, Garnier naît le 16 juin 1908 à Saint-Georges-des-Groseillers (Orne – 61), fils d’Eugène Louis Garnier, ferblantier (?) et de Berthe Noémie Marie Valée. En février 1911, ils habitent au 115 (?) rue de la Boucherie à Mortain (Manche). Georges, frère d’Eugène, y naît en 1914.
Rappelé à l’activité militaire par le décret de mobilisation générale du 1er août 1914, Eugène Émile Garnier rejoint le 225e régiment d’infanterie à Mayenne le 4 août et part aux armées le 9 août. Le 28 janvier 1916, à l’hôpital complémentaire n° 18 de Châlons-sur-Marne (Marne), il meurt « des suites de maladie contractée en service commandé », âgé de 31 ans et demi. Le 23 octobre 1918, Eugène Garnier est adopté par la Nation par jugement du tribunal civil de Mortain.
Le 27 octobre 1928 à Flers, il se marie avec Jeanne Anna Germaine Lainé, 19 ans. Ils auront deux fils : Georges, né en 1929, et Michel, né en 1930, tous deux à Flers.
En 1931 et jusqu’au moment de son arrestation, Eugène Garnier est domicilié dans un pavillon au 14, impasse Lemonnier à Flers (61), une voie ouverte dans la rue de Domfront et longeant le mur de l’hôpital. En 1931, le foyer héberge également Georges, le frère d’Eugène, travaillant chez le même employeur (Fauvel ?), Eugénie Lainé, mère de Jeanne, 45 ans, ouvrière à la Société Générale de Tissages et Filatures de Flers , et Exavérine Dufy, 91 ans, grand-mère. Jeanne est ouvrière à la Société du Caoutchouc manufacturé et de l’extra souple .
Eugène Garnier est ajusteur-outilleur.
Il adhère à la CGTU en 1926 et au Parti communiste en 1933. En 1933 ou en 1934, il est licencié de son entreprise pour y avoir créé une section syndicale CGTU.
En 1935, il est candidat du Parti communiste aux élections municipales de Flers. Il organise un centre d’études sociales à la Maison des Syndicats, où l’on donne des conférences d’Histoire et de théorie politique, et met sur pied des comités locaux du mouvement Amsterdam-Pleyel de lutte contre le fascisme et la guerre.
En 1936-1937, il devient secrétaire du Syndicat CGT des métaux de Flers. En 1938, il est secrétaire de la Section communiste de Flers et, en 1939, membre du bureau de la fédération du PCF de l’Orne.
Il anime les comités d’accueil des réfugiés républicains espagnols.
Lors de la drôle de guerre, il est peut-être mobilisé pendant un temps au 4e bataillon d’ouvriers d’administration (B.O.A.).
Dès l’automne 1939, il réorganise le Parti communiste dans l’illégalité. Il est l’un des premiers organisateurs de l’O.S. (organisation spéciale : premiers groupes armés chargés de couvrir les actions publiques des militants communistes). Il rédige et diffuse des tracts appelant à la création de Comités populaires (qui seront à la base de la reconstitution de la CGT clandestine). En octobre 1941, il rencontre à Flers le colonel Fabien (Pierre Georges) et lui fournit des explosifs. À la suite de cette entrevue, il crée le premier groupe de lutte armée (futurs FTPF) dans la vallée de la Vire.
Il est connu de la police française pour avoir participé à la rédaction de La Voix du Peuple , journal du Front Populaire pour l’Orne, et ses « bagarres avec les Croix de Feu du colonel de la Roque » ne peuvent être ignorées. C’est pourquoi, après la distribution de tracts, en août et septembre 1941, appelant « au sabotage des installations des occupants, et des entreprises sous leur contrôle », il se sent menacé. Il transmet à Gaston Valet « tout le matériel qui lui a permis de créer le réseau de Résistance ».