Eugène GUILLAUME

Matricule 45642
decede
Photographie de Eugène GUILLAUME
Eugène Guillaume à Auschwitz — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2010/05/guillaume-eugene-bertrand/
Convoi 45000

Eugène, Bertrand, GUILLAUME naît le 3 septembre 1907 à Thury (Yonne), fils de Paul Guillaume et d’Eugénie Denis, 30 ans. Il a une sœur, Francine, née vers 1914.

En 1936 (liste électorale) et jusqu’au moment de son arrestation, Eugène Guillaume est domicilié au 3 ou 5, rue de Neuilly à Clichy-la-Garenne [1] (Seine / Hauts-de-Seine – 92). Il est marié et a un fils, Jean, né le 6 juin 1933.

Eugène Guillaume est imprimeur (ou employé dans une imprimerie ?). Après son arrestation, il est déclaré comme commerçant (épicier).

C’est un militant communiste.

Le 14 octobre 1940, à la suite d’une distribution de tracts, il est arrêté à son domicile par la police française en même temps que René Petitjean et Henri et Raymond Mathiaud, de Clichy. Deux jours plus tard, il est écroué à la Maison d’arrêt de la Santé, à Paris 14e. Le 17 ou 27 octobre, la 12e chambre du tribunal correctionnel de la Seine le condamne à six mois d’emprisonnement pour infraction au décret du 26-9-1939 (« reconstitution de ligue dissoute ») ; il se pourvoit en appel. Le 30 octobre, il est transféré à l’établissement pénitentiaire de Fresnes [1] (Seine / Val-de-Marne – 94).

La maison d’arrêt de Fresnes après guerre. Carte postale. Collection Mémoire Vive.

Le 10 mars 1941, la Cour d’appel de Paris confirme sa peine d’emprisonnement : six mois couvrant la durée de sa détention provisoire. Mais il n’est pas relâché : le 18 mars, le préfet de police de Paris signe l’arrêté ordonnant son internement administratif, en même temps que ceux de Henri et Raymond Mathiaud.

Le 7 avril, Eugène Guillaume est conduit au “centre de séjour surveillé” d’Aincourt (Seine-et-Oise / Val-d’Oise), créé en octobre 1940 dans les bâtiments réquisitionnés d’un sanatorium isolé en forêt.

Tel qu’il est photographié, le pavillon Adrien Bonnefoy Sibour ne laisse pas entrevoir la grande forêt qui l’entoure et l’isole de la campagne environnante.

Le 6 septembre, il est parmi les 150 détenus d’Aincourt (dont 106 de la Seine) transférés au camp français (CSS) de Rouillé, au sud-ouest de Poitiers (Vienne), pour l’ouverture de celui-ci.

Le camp de Rouillé, “centre de séjour surveillé”, vu du haut d’un mirador. Date inconnue. Au fond – de l’autre côté de la voie ferrée -, le village. Musée de la Résistance nationale (Champigny-sur-Marne), Fonds Amicale Voves-Rouillé-

Le 22 mai 1942, il fait partie d’un groupe de 156 internés – dont 125 seront déportés avec lui – remis aux autorités d’occupation à la demande de celles-ci et conduits au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ) ; matricule 5886.