Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz lors de l’évacuation du camp en janvier 1945. Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.
François Delcroix naît le 1er février 1910 à Sallaumines (Pas-de-Calais), chez ses parents, Robespierre Delcroix, 23 ans, mineur, et Laurénie Eugénie Mouche, 23 ans et demi, son épouse,« ménagère », domiciliés Cité du Nouveau Monde.
En 1933, François Delcroix est domicilié au 53, rue Ernest-Renan à Nanterre [1] (Seine / Hauts-de-Seine – 92). Il est manœuvre.
Le 16 mars 1935, à Nanterre, il se marie avec Marceline Julienne Perche. Ils ont deux filles.
Au moment de son arrestation, il est domicilié au 92, avenue Jules-Quentin à Nanterre.
François Delcroix est membre du Parti communiste.
Sous l’occupation, considéré comme « militant communiste dangereux et très actif », François Delcroix est signalé à plusieurs reprises par le commissariat de police de la circonscription de Puteaux « comme étant acharné et se livrant à la propagande communiste depuis les hostilités ».
Le 26 juin 1941, il est appréhendé à son domicile à la demande du commissaire de police de Puteaux, « et interné ce même jour par arrêté du préfet de police, en application du décret du 18 novembre 1939, puis mis à la disposition des autorités allemandes ». Cette vague d’arrestations ciblées vise 92 militants ouvriers, dont René Jacky, de Nanterre. Tous sont rapidement transférés au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ) ; François Delcroix fait partie des militants qui inaugurent ce camp de police [2].
Le quartier “A” de la caserne de Royallieu à Compiègne, futur “camp des communistes” du Frontstalag 122 ; à droite, sont visibles les bâtiments A4, A5, A6, A7 et A8. Carte postale des années 1930. Collection Mémoire Vive.
Entre fin avril et fin juin 1942, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).
Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne, sur la commune de Margny, et entassés dans des wagons de marchandises.
Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30. Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.
