Gabriel, Henri, Rey naît le 22 mars 1891 à Paris 18e, chez ses parents, Jean Rey, 53 ans, compositeur typographe, et Aline Dupont, son épouse, 43 ans, domiciliés au 66, rue Myrha (tous deux seront décédés au moment de l’arrestation de leur fils).
Ayant accomplit son service militaire en 1911, Gabriel Rey est mobilisé au cours de la guerre 1914-1918. Le 17 avril 1917, il est blessé à l’ennemi dans le secteur de Moronvilliers (Marne), au début de la bataille des monts de Champagne, ce qui lui vaut la citation suivante (n° 736) : « Caporal énergique et brave, a entraîné ses hommes à l’assaut des troupes ennemies ». Il est titulaire de la Croix de guerre.
Le 10 février 1917 à Thiais (Val-de-Marne), Gabriel Rey se marie avec Yvonne Beaumain, née le 27 mai 1895 à Paris 18e. Ils n’ont pas d’enfant.
Au moment de l’arrestation de Gabriel, le couple est domicilié au 21, rue de la République à Villeparisis (Seine-et-Marne – 77) – dans le « Vieux pays » -, locataire d’un appartement de quatre pièces.
Carte militaire éditée en 1920 (reprise d’une édition antérieure), avant le développement des lotissements. Collection Mémoire Vive.
Ayant probablement une formation de comptable, Gabriel Rey est – à partir de 1924 – enquêteur commercial pour le compte de plusieurs établissements, notamment le Crédit du commerce, 129, boulevard de Sébastopol, à Paris, et la Maison Piquet, 70, boulevard de Sébastopol.
Gabriel Rey adhère au Parti communiste en janvier 1937. Avant-guerre, il est considéré comme un militant par la police française. Pourtant, lui-même (relayé par son épouse) déclarera n’avoir aucune activité notable.
Au début juin 1940, convoqué dans le bureau du commissaire de police de la circonscription de Villeparisis, Gabriel Rey déclare ne se livrer à aucune propagande active, mais avoir conservé « ses anciennes idées », si l’on en croit le rapport de ce fonctionnaire.
Au retour de l’Exode, Gabriel Rey reste six mois au chômage. À la veille de son arrestation, il n’est employé que quatre après-midi par semaine. Il a trouvé une place de comptable dans une coopérative agricole de l’Yonne, mais n’aura pas le temps de déménager pour rejoindre cet emploi.
Dans la nuit du 19 au 20 octobre 1941, Gabriel Rey est appréhendé à son domicile par des Feldgendarmes , en même temps qu’Albert Bonvalet et Antoine Carrier (qui seront déportés avec lui et mourront à Auschwitz), au cours d’une vague d’arrestations décidée par l’occupant à l’encontre des communistes de Seine-et-Marne, pris comme otages en représailles de distributions de tracts et de destructions de récolte – meules, hangars – ayant eu lieu dans le département.
Gabriel Rey est rapidement interné au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ), parmi 86 Seine-et-Marnais arrêtés en octobre (46 d’entre eux seront des “45000”). Immatriculé sous le n° 1808, il est assigné au bâtiment A3.
Le quartier “A” de la caserne de Royallieu à Compiègne, futur “camp des communistes” du Frontstalag 122 ; à droite, sont visibles les bâtiments A4, A5, A6, A7 et A8. Carte postale des années 1930. Collection Mémoire Vive.