Gabrielle BERGIN

Matricule 31798
decede
Convoi 31000
Photographie non retrouvée pour Gabrielle BERGIN
Photographie individuelle non retrouvée. Image de remplacement.

IDENTIFICATION INCERTAINE… C’est de manière hypothétique et déductive qu’est donné à voir le portrait de cette détenue, photographiée à Auschwitz-I le 3 février 1943, et que personne n’a identifiée. Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, Oświęcim, Pologne. Collection Mémoire Vive. Droits réservés.

Gabrielle Richoux naît le 19 décembre 1894 à Bourges (Cher -18), – peut-être à la maternité de l’Hôtel-Dieu -, fille de Marie Richoux, 26 ans, domestique, demeurant à Vignoux-sur-Barangeon (18), et de père inconnu. Le nouveau-né est présenté à l’état civil par une sage-femme ; un des deux témoins est un homme de 78 ans, « baigneur » à l’Hôtel-Dieu.

Sitôt quitté l’école, Gabrielle Richoux entre en place, comme domestique.

Le 28 mars 1914, à Vierzon, âgée de 19 ans, elle se marie avec Louis Bergin et s’installe dans cette ville. Ils n’auront pas d’enfant.

Pendant la Deuxième Guerre mondiale, Gabrielle Bergin tient un café à l’enseigne du Bois d’Yèvre , situé près du Cher, dans le quartier de Vierzon qui est en zone occupée, la rivière dessinant la ligne de démarcation. Depuis le début de l’occupation, elle aide des prisonniers évadés, des juifs, des résistants poursuivis par la Gestapo à passer en zone non occupée, probablement en liaison avec Yvonne Courtillat, demeurant rue Grelon, située le long du Cher, dans la partie non occupée de la ville.

Selon Charlotte Delbo : « C’est l’époque où les envieux, les malfaisants, ceux qui ont des dettes, celles qui ont une rivale, ceux qui guignent un héritage et ceux qui sont trop lâches pour régler leurs comptes eux-mêmes sont investis d’un pouvoir redoutable. Gabrielle Bergin a été dénoncée par une femme qui était la maîtresse de son mari. »

Le 15 septembre 1942, elle est arrêtée par la Gestapo de Vierzon, probablement dans la même période qu’Yvonne Courtillat. Laquelle est prise au moment où, franchissant la rivière à gué pour aller chercher des gens qui l’attendent de l’autre côté, elle met le pied en territoire occupé. Elles sont probablement emprisonnées ensemble à Vierzon, puis à Orléans.

Le 13 novembre, elles sont toutes deux transférées au camp allemand du Fort de Romainville, situé sur la commune des Lilas [1] (Seine / Seine-Saint-Denis), premier élément d’infrastructure du Frontstalag 122, où Gabrielle Bergin est enregistrée sous le matricule n° 1207.

L’unique entrée du Fort de Romainville (Haftlager 122), surplombée par un mirador. © Musée de la résistance nationale (MRN), Champigny-sur-Marne (94).

Le 22 janvier 1943, cent premières femmes otages sont transférées en camion au camp de Royallieu à Compiègne (leurs fiches individuelles du Fort de Romainville indiquent « 22.1 Nach Compiègne uberstellt » : « transférée à Compiègne le 22.1 »). Le lendemain, Gabrielle Bergin et Yvonne Courtillat font partie du deuxième groupe de cent-vingt-deux détenues du Fort qui les y rejoint, auquel s’ajoutent huit prisonnières extraites d’autres lieux de détention (sept de la maison d’arrêt de Fresnes et une du dépôt de la préfecture de police, à Paris). Toutes passent la nuit du 23 janvier à Royallieu, probablement dans un bâtiment du secteur C du camp.

Le matin suivant, 24 janvier, les deux-cent-trente femmes sont conduites à la gare de marchandises de Compiègne et montent dans les quatre derniers wagons (à bestiaux) d’un convoi dans lequel plus de 1450 détenus hommes ont été entassés la veille.

Comme les autres déportés, la plupart d’entre elles jettent sur les voies des messages à destination de leurs proches, rédigés la veille ou à la hâte, dans l’entassement du wagon et les secousses des boggies (ces mots ne sont pas toujours parvenus à leur destinataire).