Gabrielle Papillon naît le 16 janvier 1896. Elle a – au moins – un frère, Fernand Papillon, né le 13 septembre 1891 à Paris 20e.
À une date restant à préciser, elle épouse Marcel Ethis, né le 23 novembre 1894 à Montreuil-sous-Bois [1] (Seine-Saint-Denis), artisan fondeur [2] à Romainville [1] – commune voisine -, qu’elle aide dans sa petite entreprise. Ils sont domiciliés au 33, rue de la Fraternité à Romainville, l’atelier de Marcel étant attenant à leur pavillon.
Avant la guerre, ils sont sympathisants du parti communiste ; Marcel est adhérent aux Amis de l’Union soviétique. Selon Charlotte Delbo et Monique Houssin, ils hébergent des communistes allemands ayant fui l’Allemagne (Keitz, Mathias ?) suite à l’avènement de Hitler.
Le 12 mai 1935, le frère de Gabrielle, Fernand Papillon, est élu conseiller municipal communiste de Romainville (Seine) sur la liste conduite par Pierre Kérautret.
Suite à la guerre civile espagnole, les Éthis – qui n’ont pas d’enfant – adoptent une petite orpheline espagnole, Espérance Perez.
Henriette Papillon, la nièce de Gabrielle (fille de son frère Fernand), née le 5 mars 1920, s’est mariée avec un Monsieur Pizzoli. Le 29 mai 1939, ils ont une fille.
Après la déclaration de guerre, le mari d’Henriette est mobilisé. En juin 1940, il est fait prisonnier et envoyé en Allemagne.
Selon Monique Houssin, en 1941, sous l’occupation, les Éthis hébergent une imprimerie clandestine dans le sous-sol de leur pavillon (activité non mentionnée dans le Maitron ; à vérifier !).
Ente temps, devenue cartonnière (manutentionnaire chez Uclaf), engage une liaison avec un garagiste du voisinage (domicilié avenue Galliéni), Alphonse Baconier, homme marié, âgé d’une quarantaine d’années. Selon Charlotte Delbo, quand Henriette veut rompre, celui-ci, furieux, menace de la tuer. Apeurée, elle va porter plainte. Le commissaire de Romainville écoute la plaignante et, comme on lui a signalé que ce garagiste fait du marché noir, il ouvre une enquête ; peut-être pour le faire tenir tranquille.
Dans la nuit du 21 au 22 juin 1942, Louis Thorez et Henri Le Gall s’évadent du camp d’internement allemand de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122) parmi un groupe de 19 détenus. Louis Thorez se présente chez Alphonse Baconier, son beau-frère, en lui demandant de les accueillir pour quelques jours. Se disant dans l’impossibilité de les héberger, Alphonse Baconier sollicite Henriette Pizzoli sans dévoiler l’identité des deux fugitifs, qu’il présente comme des amis voulaient échapper au Service du travail obligatoire. Henriette demande à ses oncle et tante, les Éthis, de l’aider en pourvoyant chez eux à leur repas du midi. Marcel et Gabrielle acceptent pour lui rendre service, sachant qu’Alphonse Baconier continue à l’importuner et à la menacer physiquement.
Le 6 juillet, une lettre anonyme de dénonciation parvient à la police.
Le vendredi 10 juillet vers 13 h 30, quatre inspecteurs de la BS1 se présentent au 33, rue de la Fraternité. Dès qu’ils sonnent à la porte, les occupants comprennent à qui qui ils ont affaire. Louis Thorez et Henri Le Gall sautent du premier étage dans le jardin situé derrière la maison. Mais les policiers savent qu’ils sont là. La porte est forcée et les deux hommes sont maîtrisés après une brève poursuite.