Gaston GIÉ

Matricule 45598
decede
Photographie de Gaston GIÉ
Gaston Gié © envoi de son fils — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2010/06/gie-gie-gaston-eugene/
Convoi 45000

Gaston, Eugène, Gié naît le 7 mai 1888 à Fontainebleau (Seine-et-Marne), fils d’Eugène Gié, 21 ans, cocher, domicilié au 13, rue Saint-Merry, et de la demoiselle Antonine Milbert, 19 ans, femme de chambre, lesquels se marient à Fontainebleau le 25 août suivant.

Plus tard, Gaston vit avec ses parents au 37, rue du Chemin de Fer à Courbevoie [1] (Seine / Hauts-de-Seine – 92). En 1911, son père est devenu chauffeur automobile et sa mère est concierge.

Le 14 juin 1913 à Courbevoie, Gaston Gié, alors sculpteur sur bois, se marie avec Renée Ernestine Beuve, né le 20 décembre 1889 au Havre (Seine-Inférieure / Seine-Maritime), habitant jusque-là avec son père, veuf, au 81, rue Étienne Caron. Gaston et Renée Gié auront deux enfants dont Roger, Gaston, Henri, né le 10 août 1919 à Courbevoie.

Rappelé à l’activité militaire au cours de la Première guerre mondiale, Gaston Gié est grièvement blessé à Noviant-aux-Prés (Meurthe-et-Moselle) : il en gardera une « brèche complète de la région pariétale ». Il sera décoré de la Médaille militaire le 28 août 1938 pour dix années de service, trois campagnes, blessure et citation à l’ordre de sa division, et deviendra trésorier de l’Association républicaine des anciens combattants (ARAC) de 1935 à 1938 (au plan local ou national ?).

Ne trouvant plus d’emploi avec son métier de sculpteur sur bois, Gaston Gié devient gardien à l’usine Hispano-Suiza de Bois-Colombes (92).

C’est un militant communiste.

À l’arrivée des troupes allemandes, il quitte son emploi, refusant de collaborer.

Sous l’Occupation, la police française le considère comme un « militant notoire, meneur particulièrement actif » et signale qu’il a été « homme de confiance de l’ex-député Fajon ».

Le 4 décembre 1940, il est inscrit sur le rôle (n° 94181) du greffe du tribunal correctionnel de la Seine pour infraction au décret du 26 septembre 1939 (propagande communiste). Mais le juge d’instruction prononce un non-lieu le 18 mars 1941.

Entre temps, après deux perquisitions sans résultat à son domicile, le commissaire de police de la circonscription de Courbevoie l’arrête chez lui le 20 janvier 1941 : Gaston Gié y était revenu pour changer de vêtements, afin d’assister aux funérailles de son père. L’arrêté du préfet de police ordonnant son internement administratif est signé à la même date ; en même temps que celui de 65 autres militants communistes de la Seine, tous probablement arrêtés ce jour-là. Gaston Gié est écroué à la Maison d’arrêt de la Santé (Paris 14e).

Le jour-même, il fait partie d’un groupe de 69 militants communistes conduits à la gare de l’Est où ils sont rejoints par une centaine d’autres venant de la Maison centrale de Fontevraud-L’Abbaye [2], près de Saumur (Maine-et-Loire).

Le train les amène à la gare de Clairvaux (Aube) d’où ils sont conduits – par rotation de vingt détenus dans un unique fourgon cellulaire – à la Maison centrale de Clairvaux. Une fois arrivés, la direction les contraint à échanger leurs vêtements civils contre la tenue carcérale, dont un tour de cou bleu (“cravate”) et un béret. Ceux qui refusent sont enfermés une nuit en cellule (“mitard”), tandis que la plupart sont assignés à des dortoirs. Rejoints par d’autres, ils sont bientôt 300 internés politiques.