Gentil, François, (Clément ?) Potier naît le 22 juin 1895 à Saint-Nazaire (Loire-Inférieure / Loire-Atlantique [1]), chez ses parents, André Potier, 39 ans, chauffeur, et Joséphine Legeay, 36 ans, son épouse, domiciliés au 69, rue des Caboteurs. Il a – au moins – une sœur aînée, Joséphine Marie, née le 2 mars 1894 à Saint-Nazaire.
Gentil François Potier reste à l’école jusqu’à l’obtention de son certificat d’études primaires, puis commence à travailler comme manœuvre. Il habite alors chez ses parents au 8, rue des Halles à Saint-Nazaire.
Le 8 septembre 1915, il est incorporé comme soldat de 2e classe au 64e régiment d’infanterie. Il monte au front le 19 janvier 1916. Le 23 février suivant, il est “évacué” pour maladie. Le 21 juin, il passe au 154e R.I., « aux armées ». Le 17 juillet, il est de nouveau évacué pour maladie et rejoint son unité le 1er octobre. Le 11 octobre 1916, à Sailly-Saillissel (Somme), il est blessé par un éclat d’obus qui lui cause une plaie en séton à la cuisse droite. Il semble pourtant rester au front jusqu’au 30 décembre suivant. Il est à l’« intérieur » jusqu’au 20 septembre 1917, passant au 2e R.I. le 12 juin de cette année. Il est de nouveau évacué pour maladie le 20 mai 1918. Le 16 septembre 1919, il est « mis en congé illimité de démobilisation » et se retire au 8, rue des Halles à Saint-Nazaire, titulaire d’un certificat de bonne conduite.
Le 10 avril 1920, à Saint-Nazaire, Gentil Potier se marie avec Célestine Le Hazif, née le 25 septembre 1897 à Locminé (Morbihan). Ils auront deux enfants, Gentil Roger (dit Roger), né le 7 septembre 1921 à Saint-Nazaire, et Monique Suzanne, née vers 1936 (âgée de 5 ans en avril 1941).
Gentil Potier est serrurier.
En 1921, sa sœur Joséphine, devenue épouse Batard, couturière, emménage au 35, rue du Pont-de-Créteil à Saint-Maur-des-Fossés [2] (Seine / Val-de-Marne) ; près de la gare Saint-Maur-Créteil.
En janvier 1925 et jusqu’au moment de son arrestation, Gentil François Potier est domicilié au 29, rue du Pont-de-Créteil.
En mai 1937, dans l’armée de réserve, il est classé “affecté spécial” aux Établissements Duvivier et Compagnie. Son dernier emploi (?) est “ouvrier spécialisé” (riveur) aux usines Citroën, quai de Javel à Paris 15e.
Avant-guerre, il est membre de la cellule du Vieux-Saint-Maur du Parti communiste, secrétaire des CDH (Comité de défense de L’Humanité , quotidien du PCF) de Saint-Maur, et membre de la cellule d’entreprise des usines Citroën. Son fils Roger serait adhérent des Jeunesses communistes, dont le cercle de Saint-Maur a pour secrétaire Jean Pierre Radiguet (né le 7 juillet 1922). Joséphine, sœur de Gentil François, est adhérente du Comité mondial des femmes contre la guerre et le fascisme .
Le 27 août 1939 – quatre jours après la signature du pacte germano-soviétique -, Gentil François Potier est arrêté par des inspecteurs du commissariat de police de la circonscription de Saint-Maur alors qu’il distribue des tracts communistes sur la voie publique, puis relâché après “vérification d’identité”.
Le 7 mars 1940, à la suite d’une surveillance exercée envers sa sœur Joséphine (?), il est arrêté avec d’autres militants – dont son épouse et leur fils -, par des inspecteurs du commissariat de Saint-Maur pour diffusion de tracts clandestins, que Gentil François ramènerait de son usine. « Jugé dangereux pour la sécurité intérieure du pays », il est mis à la disposition de la Justice militaire et écroué deux jours plus tard à la Maison d’arrêt de la Santé (Paris 14e). Il semble qu’il ait été relâché (ou s’est-il évadé au cours de l’évacuation des prisons parisiennes lors de la Débâcle de juin 1940 ? À vérifier…).
Le 5 octobre 1940, Gentil Potier est appréhendé lors de la grande vague d’arrestations organisée dans les départements de la Seine et de la Seine-et-Oise par les préfets du gouvernement de Pétain contre des hommes connus avant guerre pour être des responsables communistes (élus, cadres du PC et de la CGT), en application du décret du 18 novembre 1939 ; action menée avec l’accord de l’occupant. Après avoir été regroupés en différents lieux, 182 militants de la Seine sont conduits le jour-même en internement administratif au “centre de séjour surveillé” (CSS) d’Aincourt (Seine-et-Oise / Val-d’Oise), créé à cette occasion dans les bâtiments réquisitionnés d’un sanatorium isolé en forêt. Pendant un temps, Gentil Potier est assigné à la chambre 38.