Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz lors de l’évacuation du camp en janvier 1945. Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.
Georges, Fernand, Brunet naît le 30 juillet 1897 à Paris 14e, chez ses parents, Émile Brunet, 32 ans, lamineur, et Jeanne Lacoste, son épouse, 28 ans, brocheuse, domiciliés au 156, rue de Vanves.
De la classe 1917, il est mobilisé au cours de la Première Guerre mondiale, deux fois blessé, gazé, titulaire de la Croix de guerre.
Georges Brunet est brocheur en imprimerie. Il est membre du Syndicat du Livre et du Papier de la région parisienne.
Le 10 juillet 1920 à Paris 14e, il se marie avec Jeanne, Marie, Conseil, née le 28 mai 1903 à Paris 14e, qui exerce le même métier. Cette même année, ils emménagent au 8, passage de la Tour de Vanves. Le couple aura deux fils : Georges, né le 11 septembre 1921, et Fernand, né le 21 octobre 1922, tous deux à Paris 14e.
Le 12 février 1934, une lettre anonyme de dénonciation arrive au commissariat du quartier de Plaisance : « Monsieur le commissaire, Je viens vous signaler un ménage de révolutionnaires à craindre pour lundi, il y a longtemps qu’ils sont à craindre pour notre Patrie, mais grâce à leur bêtise qui les font se glorifier partout ou ils passent de leurs nobles sentiments vous allez pouvoir connaitre ou se trouve un et peut-être plusieurs guêpiers qu’ils servent entre leur travail, dans les réunions Russe, dont la femme se vente de recevoir des correspondances à son non et adresses, sous cette enveloppe il en est une autre cachetée avec nom et adresse que cette femme va porter à son destinataire. Faites faire une police secrète pour connaître ces lieux. Ces gens habitent 8 ou 9 ou 15 passage de la Tour de Vanves 14e, nom incertain Brunel ou Brunet, ouvrier imprimeur. Je vous demande Monsieur le commissaire la grande discrétion de cette lettre qui leur ferait chercher disensions et querelles à leurs voisins et concierges, et vengeance. Recevez Monsieur le Commissaire mes salutations. P.S. Permettez moi d’émettre mon idée. Ce personnage se laissera certainement prendre au piège si votre agent de secrète le recherche pour entrer en conversations avec lui, et jouer le personnage révolutionnaire, l’autre en quête d’adeptes lui dira ce que ça rapporte et le mettra au courant de tout. Je crois que c’est le meillieur moyen pour connaître ces lieux et tous ces criminels si dangereux pour notre pauvre france et ces pauvres massacrés. » Si le commissaire de Plaisance transmet aussitôt ce courrier au services des étrangers de la préfecture de police « à toutes fins utiles », il semble qu’une enquête véritable ne soit menée qu’en décembre suivant. Le rapport des Renseignements généraux daté du 19 décembre indique que Georges Brunet, alors au chômage, « ne reçoit aucune visite à son domicile et son courrier ne se compose que de quelques lettres de famille et de journaux corporatifs ». Il serait alors adhérent au Parti communiste, membre du rayon du 14e arrondissement de la région Paris-Ville, assistant « régulièrement aux réunions et manifestations, faisant volontiers étalage de ses opinions révolutionnaires ».
À partir de 1936, il est membre des Amis de l’URSS , dont la section locale Arcueil-Jaurès sera dirigée en 1938 par Maurice Tassotte, conducteur typographe à l’imprimerie Larousse à Montrouge.
Pendant « les hostilités de 1939-1940 », Georges Brunet est mobilisé au 213e régiment régional.
Sous l’Occupation, Georges Brunet travaille comme marchand forain, faute, certainement, de pouvoir trouver de l’embauche dans son vrai métier.
Le 28 mai 1941, à 21 heures, deux inspecteurs de la première section (anticommuniste) des Renseignement généraux de la préfecture de police se rendent chez Marius et Juliette Barbieri [2], militants d’Arcueil domiciliés au 35, rue du Moulin-de-la-Roche, et y effectuent une perquisition amenant la découverte de nombreux tracts et brochures dans différentes pièces de leur logement, certains étant soigneusement dissimulés. Aussitôt arrêtés, ils sont amenés dans les locaux des RG, à la préfecture de police, sur l’île de la Cité, pour y être interrogés.
Paris. La préfecture de police vue depuis Notre-Dame. Carte postale des années 1900 (le bâtiment est alors la caserne de la Garde républicaine). Coll. Mémoire Vive.
… environ 10 000 papillons destinés à la propagande contre la collaboration et environ 5 000 tracts intitulés “ Le scandale du camp d’Aincourt ou comment M. Chevalier [préfet de Seine-et-Oise] s’érige en bourreau des travailleurs ”.
