Georges FOURET

Matricule 45555
decede
Photographie de Georges FOURET
Georges Fouret : Dessin d’Alfred Quinquenau octobre 1941. © VRID — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2011/05/fouret-georges-armand-adrien/
Convoi 45000

Georges, Amand, Adrien, Fouret naît le 10 mai 1895 à Saint-Clair « par Moncontour » (Vienne – 86) au-Nord-Ouest du département, fils de Xavier Fouret, 35 ans, cultivateur (propriétaire-exploitant), et d’Amanda Ribanneau, 26 ans, domiciliés au lieu-dit Le Clos. Pour l’inscription du nouveau-né à l’état civil ont signé comme témoins le père et le frère de l’accouchée, tous deux cultivateurs. Georges a – au moins une sœur, Albertine, née en 1890.

Le 17 décembre 1914, Georges Fouret est incorporé comme soldat de 2e classe au 114e régiment d’infanterie. Le 10 mars 1915, il passe au 409e R.I., qui est constitué à Châtellerault ; cette unité monte au front.

Le 8 mars 1916, à Vaux, devant Damloup, dans le secteur de Verdun (Meuse), Georges Fouret est grièvement blessé à la main par un éclat d’obus. La commission de réforme de Roanne constatera : « perte du médius gauche avec les 2/3 des métacarpiens, perte des trois phalanges de l’index gauche. Limitation de la flexion des articulations méta-carpo-phalangiennes des deux derniers doigts de la main gauche ». Plus tard, la commission de Poitiers constatera encore : « … atrophie de l’avant-bras : 1 cm 1/2. Cicatrice verticale de 7 cm au bras … ». À quoi la commission de Tours ajoutera : « … Flexion du poignet diminuée […] Cicatrice face interne bras gauche avec présence de quelques éclats ». Le 12 décembre 1916, Georges Fouret est admis à la réforme n° 1 sur décision ministérielle. En 1936, il sera proposé pour une pension de 45 % d’invalidité pour « … gêne considérable de la préhension ».

Georges Fouret est cultivateur, ayant probablement repris l’exploitation de son père (décédé ?), possédant notamment des vignes et employant des journaliers.

À une date restant à préciser, il épouse Emma Henriette Penot, née le 27 novembre 1894 à Messais. Ils ont au moins trois enfants : Georgette, née le 1er juin 1917, Guy (?), et Camille, née le 23 mars 1938.

En 1929, Georges Fouret est élu maire de Saint-Clair – où il est domicilié – et réélu réélu comme conseiller municipal en 1935, dès le premier tour, en raison de ses qualités d’administrateur. Mais le décès très récent de son petit-fils, en bas âge (?), l’amène à refuser la fonction de maire.

En 1934, avec Firmin Sapin, il crée la cellule du PCF de Saint-Clair, dont il devient le secrétaire. Ils sont également les principaux animateurs du Comité antifasciste. Georges Fouret est le candidat du Parti communiste aux élections législatives de 1929, 1935 et à l’élection partielle de 1937 (circonscription de Loudun).

Il fait partie de l’association sportive “ La Joyeuse ”, créée en 1939, et qui servira de “couverture” aux activités de la Résistance.

Après août 1939, Georges Fouret remplit les fonctions du maire : comme conseiller municipal délégué, il assume pendant plusieurs mois la charge de représenter sa commune « en face des difficultés que (représentent) les nouveaux évènements ». Après l’interdiction du Parti communiste, il prend des distances avec l’engagement politique (« démission » du PC ?).

À une date restant à préciser, il est déchu de son mandat de conseiller municipal par décision préfectorale.

Le 23 juin 1941, à 15 heures, il est arrêté à son domicile par des soldats allemands et des policiers français et interné au camp de la Chauvinerie, à Poitiers (86), caserne réquisitionnée par l’occupant (selon Maurice Rideau, 33 communistes sont arrêtés ce jour-là dans la Vienne [1] ; 28 sont conduits à la Chauvinerie, 14 seront des “45000”).

Poitiers. L’entrée du quartier (caserne) de la Chauvinerie dans les années 1900. Carte postale, collection Mémoire Vive.