Georges, Gustave, Grandemanche (ou Grandemange) naît le 24 novembre 1903 à Saint-Nicolas-de-Port, sur la Meurthe à l’est de Nancy (Meurthe-et-Moselle – 54), chez ses parents, Marie Edmond Grandemanche, 29 ans, ouvrier d’usine, et Marie Bailly, 21 ans, son épouse, domiciliés au 48 rue de Laval. .
À une date restant préciser, il se marie avec Augustine Claude, née le 29 septembre 1905 à Saint-Nicolas. Ils ont un fils, Jacques, né le 8 juin 1926.
En 1936 et jusqu’au moment de l’arrestation du chef de famille, celle-ci est domiciliée au 5, rue du Haut-de-Mont à Saint-Nicolas-de-Port. Pendant un temps, il est déclaré comme chauffeur (?) à Marchéville Varangéville.
Saint-Nicolas-de-Port, la rue du Haut-de-Mont. Carte postale non datée (années 1900). Collection Mémoire Vive.
Au moment de son arrestation, Georges Grandemanche est mineur.
Il est arrêté entre le 22 et le 25 juin 1941, probablement dans le cadre de l’ Aktion Theoderich [1], et interné dans les jours suivants au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ).
La caserne de Royallieu après-guerre. Les huit premiers bâtiments alignés à gauche sont ceux du quartier “A”, désigné pendant un temps comme le “camp des communistes”. À l’arrière plan à gauche, sur l’autre rive de l’Oise, l’usine de Venette qui fut la cible de plusieurs bombardements avec “dégâts collatéraux” sur le camp. Carte postale. Collection Mémoire Vive.
Entre fin avril et fin juin 1942, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).
Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne, sur la commune de Margny, et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.
Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.
Le 8 juillet, Georges Grandemanche est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) ; peut-être sous le numéro 45627 selon les listes reconstituées (la photo du détenu portant ce matricule a été retrouvée, mais n’a pu être identifiée à ce jour).
Après les premières procédures (tonte, désinfection, attribution d’un uniforme rayé et photographie anthropométrique), les 1170 arrivants sont entassés pour la plupart dans deux pièces nues du Block 13 où ils passent la nuit.
