Georges POULARD

Matricule 46004
decede
Photographie de Georges POULARD
Georges Poulard pendant son service militaire sur le torpilleur Mazaré © Marc Denis — Source photo : https://deportes-politiques-auschwitz.fr/2010/07/poulard-georges/
Convoi 45000

Georges, Eugène, Arsène, Poulard naît le 20 mars 1903 à Croisilles (Calvados – 14), chez ses parents, Arsène Poulard, 25 ans, et Eugénie Mullois, 24 ans, tous deux “journaliers”. Le 6 novembre 1905, naît son frère Marcel. L’année suivante, tous sont domiciliés au lieu-dit La Pillière. À cette époque, leurs parents hébergent également Victorine Groult, leur arrière-grand-mère maternelle. En 1911, la famille n’habite plus à cette adresse, et Arsène Poulard déclare habiter à Martigny(-sur-l’Ante ?), chez Monsieur Bellivet.

Arsène est père de six enfants vivants. Rappelé à l’activité militaire par le décret de mobilisation générale, il est affecté à la R.A.T. (réserve de l’armée territoriale). Le 14 septembre 1916, il est renvoyé dans ses foyers. Le 8 février 1918, le tribunal de Falaise le condamne à un mois de prison avec sursis pour pour « privation des soins et d’alimentation envers des enfants âgés de moins de 15 ans révolus ». À une date restant à préciser, Georges Poulard devient pupille de l’Assistance publique.

En août 1920, son père, Arsène Poulard, déclare habiter de nouveau à Fresney-le-Vieux, et, en novembre 1921, il habite seul à Fontaine-le-Pin (14), chez un pépiniériste pour lequel il travaille comme bûcheron.

Début 1928, Georges Poulard, 24 ans, habite à Saint-Germain-le-Vasson (14) et travaille comme “journalier”.

Le 7 février de cette année, à la mairie de cette commune, il se marie avec Marguerite Debaize, née le 20 septembre 1901 à Bons-Tassilly (14), domestique, domiciliée à Falaise (14). Ils n’auront pas d’enfant.

Au moment de son arrestation, Georges Poulard est domicilié rue de l’église à Rocquancourt (14).

Georges Poulard est manœuvre (dans quelle entreprise ?).

Son épouse le décrit ainsi : taille 1m65, un visage ovale sans moustache, avec des tatouages aux bras et aux pieds, un autre dans le dos représentant Constantinople.

Le 2 mai 1942 à 4 heures du matin, Georges Poulard est arrêté à son domicile par des gendarmes français de la brigade de Bretteville-sur-Laize : il figure comme “communiste” sur une liste d’arrestations exigées par la Feldkommandantur 723 de Caen à la suite du déraillement d’un train de permissionnaires allemands à Moult-Argences (Airan) [1]. Il est conduit à la Maison centrale de la Maladrerie à Caen. Le 3 mai, remis aux autorités d’occupation, il est emmené au “petit lycée” où sont rassemblés les otages du Calvados. Le 4 mai au soir, il fait partie du groupe de détenus conduits à la gare de marchandise de Caen pour être transféré au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht ( Frontstalag 122 – Polizeihaftlager ). Ils y arrivent le lendemain, 5 mai, en soirée.

Entre fin avril et fin juin 1942, Georges Poulard est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler). La dernière nouvelle que sa famille a de lui date du 5 juillet.

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne, sur la commune de Margny, et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.