Georgette LACABANNE

Née Réau
Matricule 31717
🕊️ Morte en déportation
Portrait documenté de Georgette LACABANNE
Crédit non indiqué par la source
Georgette Réau naît le 20 août 1910 à Bordeaux. Fille d’un chaudronnier sur fer, elle grandit dans cette ville et fréquente l’école Cazemajor jusqu’au certificat d’études. Elle devient confectionneuse en couture, puis épouse un ouvrier tuyauteur dont le prénom n’est pas connu. Le couple s’installe à Bègles et a deux enfants, une fille de neuf ans et un garçon de dix-huit mois au moment de l’arrestation de leur mère. Sous l’Occupation, Georgette héberge des résistants. Le 7 ou le 8 juillet 1942, elle est arrêtée à son domicile alors que Jean Dancla, évadé du camp de Mérignac, s’y est réfugié. Yvonne Noutari et Marcelle Bastien sont également arrêtées. Georgette est emprisonnée au fort du Hâ, à Bordeaux. Dans l’espoir d’obtenir sa libération, son mari part travailler volontairement en Allemagne. Leurs enfants sont d’abord recueillis par leur grand-mère paternelle, puis séparés. La petite fille part chez un oncle, tandis que le garçon est confié à sa grand-mère maternelle. Leur mère ignore alors combien de temps cette séparation va durer. Le 14 octobre 1942, Georgette fait partie d’un groupe de soixante-dix détenus transférés de Bordeaux au fort de Romainville. Elle y reçoit le matricule 939. Le 22 janvier 1943, elle est envoyée à Compiègne, puis déportée deux jours plus tard avec le convoi des 31000. Elle arrive à Auschwitz le 26 janvier au soir et reçoit le matricule 31717, tatoué sur son avant-bras gauche. Le 3 février 1943, elle est photographiée selon les trois vues d’immatriculation. Cette photographie a été retrouvée, même si elle n’avait pas été identifiée par les rescapées lors des premiers travaux de mémoire. Après la quarantaine, Georgette est enfermée dans un block surpeuplé et soumise aux conditions meurtrières du camp. Elle meurt à Birkenau le 8 mars 1943, à l’âge de trente-deux ans. Son mari est informé de sa mort par la mairie de Bègles. Georgette n’était pas seulement le matricule 31717. Elle était une couturière, une épouse et surtout une mère de deux jeunes enfants qu’elle avait voulu protéger en ouvrant sa porte à ceux qui étaient pourchassés. Sa fille et son petit garçon durent grandir séparés, avec pour dernier souvenir une mère partie un jour de juillet et qui ne revint jamais.